Bruxelles, 11/10/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a approuvé le projet de fusion entre les groupes américains America Online Inc (AOL) et Time Warner, AOL s'étant engagé à trancher tous les liens l'unissant au groupe de médias allemand Bertelsmann, le plus grand groupe de médias européen. Cette opération faisait l'objet d'une enquête approfondie des autorités de la concurrence de l'UE dont la préoccupation principale était la crainte de voir la nouvelle entité occuper une position dominante sur les marchés émergents de la distribution de musique en ligne sur Internet et des logiciels de lecture de musique.
Time Warner est l'une des premières entreprises mondiales des secteurs des médias et du divertissement alors qu'AOL est le principal fournisseur d'accès Internet aux Etats-Unis et le seul qui possède une présence dans l'ensemble de l'Europe où il opère principalement par l'intermédiaire de deux entreprises communes: AOL Europe, détenue à parts égales avec l'allemand Bertelsmann, et AOL Compuserve France détenue conjointement avec Bertelsmann, d'une part, et Cegetel et Canal Plus, filiales du français Vivendi, d'autre part. La fusion entre les deux sociétés aurait donné naissance au premier fournisseur de contenu sur Internet: il distribuerait le contenu Time Warner (musique, informations, films, etc.) sur le réseau de distribution Internet d'AOL. Vu les liens unissant AOL à Bertelsmann, la nouvelle entité aurait également eu un accès privilégié à l'important catalogue musical du groupe allemand lui donnant, de ce fait, la possibilité de contrôler la principale source de droits d'édition musicale en Europe. Afin de lever ces problèmes de concurrence, les parties ont proposé de réduire les liens structurels entre AOL et Bertelsmann, qui ont mis en place un mécanisme permettant à Bertelsmann de se retirer progressivement d'AOL Europe et de AOL Compuserve. Les parties ont en outre « pris les mesures provisoires destinées à garantir que les relations entre AOL et Bertelsmann interviendront dans un contexte de pleine concurrence jusqu'à ce que le retrait de Bertelsmann soit achevé ».
Ces concessions avaient déjà été proposées au cours de la première phase d'enquête mais elles n'avaient pas été jugées suffisantes vu l'existence à l'époque d'un projet de fusion entre Warner Music, filiale de Time Warner, et le groupe EMI. Ce rapprochement, qui faisait l'objet d'une enquête séparée, posait également des problèmes de concurrence dans le secteur de la musique enregistrée, de l'édition musicale et de la transmission musicale sur Internet. La décision de Time Warner et d'EMI de retirer leur projet (voir EUROPE du 6 octobre, p. 15), couplée aux engagements des parties vis-à-vis de Bertelsmann, a favorisé la décision positive des autorités européennes puisque, dans ces conditions, AOL/TW «ne possédera pas la dimension critique lui permettant de dominer le marché de la distribution en ligne et des logiciels de lecture».