Belgrade/Luxembourg, 11/10/2000 (Agence Europe) - Le nouveau président yougoslave Kostunica a, lors de son entretien de mardi à Belgrade avec le président du Conseil de l'UE M. Védrine, accepté l'invitation à se rendre à Biarritz à l'occasion du sommet informel des Quinze (le président Kostunica participera à un déjeuner samedi). M.Kostunica, qui a dit que la Yougoslavie souhaite devenir "un jour membre à part entière de l'Union européenne", s'est montré assez ouvert sur la question de prisonniers albanais en Serbie (voir les propos de M.Kouchner à ce sujet dans EUROPE des 9/10 octobre, p.6), tout en précisant qu'il faudra aborder en même temps le problème des Serbes disparus au Kosovo.
Le président de la Commission Romano Prodi, après avoir rencontré, mercredi à Vienne, le Patriarche serbe Pavle et le Cardinal Schönborn (qui a été l'hôte de cette rencontre), a affirmé que l'Europe "ne peut pas imaginer une Serbie restant en dehors de notre communauté", car la Serbie "est et doit être une partie intégrante de l'Europe". Les problèmes de la Fédération yougoslave ne peuvent être réglés que "dans une perspective de démocratisation interne, de développement des principes de solidarité et de subsidiarité institutionnelle, et uniquement dans une perspective européenne", a dit M.Prodi, qui a rendu hommage au rôle joué en Serbie par l'église orthodoxe, qui a "constamment condamné la tyrannie".
Quant au commissaire aux relations extérieures Chris Patten, il a, en prononçant à Luxembourg la "Winston Churchill Memorial Lecture", salué l'acquittement du journaliste Miroslav Filipovic (qui avait été condamné à sept ans de prisons pour "espionnage"). "J'espère qu'une nouvelle ère de liberté de la presse commence enfin en Serbie", a-t-il dit. Par ailleurs, il a affirmé que son principal objectif est d'améliorer, en étroite coopération avec Javier Solana, la capacité de l'UE d'utiliser son "considérable potentiel financier, commercial et politique" pour "projeter la stabilité", en particulier dans les pays voisins.
Graham Blewitt, Procureur adjoint du Tribunal pénal international de La Haye, a dit que le Tribunal pour l'ex-Yougoslavie doit être prêt, dans l'affaire de l'inculpation de l'ancien président Milosevic, à "donner du temps" au président Kostunica. Mais à condition, a-t-il ajouté, qu'"à la fin de ce délai, tous les accusés soient livrés à ce tribunal".