Bruxelles, 28/02/2000 (Agence Europe) - Une délégation de la Commission européenne se trouve dès ce lundi à Tunis pour y engager les premières "discussions exploratoires" devant aboutir à un réexamen des régimes d'échanges agricoles UE/Tunisie. Ce rendez-vous a été pris dans le cadre de l'accord d'association entré en vigueur en mars 1988.
L'examen sera fait selon la ligne tracée dans cet accord, à savoir de renforcer, dès le début de l'an 2000, les acquis (en corrigeant les éventuelles érosions) et de tenir compte des potentialités, actuelles et futures, de développement de productions agricoles tunisiennes, encouragées par la coopération avec l'Union européenne. Les conversations engagées permettront de cerner les différents points à aborder au cours des prochaines semaines. Les Tunisiens pour leur part assurent qu'ils s'engagent dans ce cycle de consultations techniques dans un "esprit de Partenariat". Ils auront eux aussi à tenir compte de demandes de l'UE concernant certains produits européens; même si l'agriculture n'entre pas dans la démarche vers la libéralisation totale et réciproque des échanges, ils entendent lier les deux secteurs, agricole et industriel. Ils visent par ce biais à obtenir les moyens d'encourager la transformation sur place de leurs produits agricoles et de développer ainsi leur secteur agro-industriel. En particulier, leur huile d'olive devrait être couverte par les arrangements nouveaux à convenir et intégrés dans les programmes de valorisation des produits agricoles nationaux.
Pour la Tunisie, l'exportation d'huile d'olive vers l'Europe représente un sujet sensible à forte connotation sociale. Ils souhaitent ainsi obtenir non seulement la prorogation de l'arrangement particulier qui assure une garantie d'écoulement annuelle de 46.000 t, mais en faire une disposition permanente intégrée dans l'accord d'association et portant sur 56.000 t./an. Des concessions significatives en ce domaine seraient perçues -par l'opinion tunisienne et par les opérateurs prudents, voir méfiants dans leur analyse sur les avantages de la coopération avec l'UE- comme une compensation des "sacrifices" consentis dans le domaine industriel. Rappelons que la Tunisie a entamé, en cette 3e année d'application de l'accord, une phase nouvelle de son processus de démantèlement de la protection de son industrie, en étendant ce processus à des produits sensibles pour la production locale.