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Bulletin Quotidien Europe N° 13937
ACTION EXTÉRIEURE / Arctique

En Finlande, douze États membres appellent l’UE à renforcer son action dans une région « partie intégrante » de l’Union

« Le principal message des discussions d’aujourd’hui est qu’il existe une forte demande en faveur d’actions concrètes de l’UE dans l’Arctique », a résumé, lundi 14 septembre, le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, à l’issue du sommet européen sur l’Arctique, organisé à Rovaniemi, en présence de plusieurs chefs d’État ou de gouvernement de l’UE.

Le sommet consacre un changement doctrinal. La région, qui compte trois États membres de l’UE - le Danemark, la Finlande et la Suède - n’est plus considérée comme un espace périphérique. Les dirigeants affirment dans une déclaration commune que « les territoires européens de l’Arctique font partie intégrante de l’Union européenne ». « Ce qui se passe ici n’est pas une affaire régionale, mais une affaire européenne », a insisté le président du Conseil européen, António Costa.

Ce tournant s’explique avant tout par la dégradation du contexte sécuritaire dans cette région peuplée de 500 000 citoyens de l’UE et devenue un espace de confrontation. Parmi les principales menaces identifiées figure la Russie. Ses ambitions « visant à accroître son influence, conjuguées à son hostilité envers l’Europe et à l’intensification de ses activités hybrides, mettent en évidence la nécessité de renforcer la politique arctique de l’UE », soulignent les signataires.

Sur le plan stratégique, les dirigeants européens appellent à accroître les investissements dans la mobilité militaire, « les connexions transfrontalières et les infrastructures nécessaires » dans les régions les plus septentrionales de l’Union.

Pour renforcer les capacités européennes, « le développement d’infrastructures à double usage et la protection des infrastructures critiques terrestres et maritimes devraient constituer des priorités transversales dans la région », plaident les signataires. Ceux-ci souhaitent également renforcer la coopération avec les dispositifs de défense de l’OTAN. La possibilité d’acquérir conjointement des capacités européennes en matière de brise-glaces a également été évoquée.

Au-delà du volet sécuritaire, l’Arctique « a beaucoup à offrir en matière de croissance durable », a souligné Petteri Orpo. L’UE et ses États membres entendent ainsi « promouvoir et exploiter les possibilités économiques ». Parmi les secteurs cités figurent les matières premières critiques, le transport maritime arctique et intercontinental, la connectivité et les technologies spatiales.

L’attention se tourne désormais vers la refonte de la politique arctique de la Commission européenne (EUROPE 13928/13), attendue dans les prochaines semaines.

Voir la déclaration des pays signataires : https://aeur.eu/f/nfh (Louis Dubar)

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