Les autorités italiennes ont officiellement notifié à la Commission européenne, vendredi 11 septembre, leur souhait de bénéficier de la flexibilité des règles budgétaires de l'Union européenne afin de soutenir la transition énergétique.
Cette demande intervient après que l'institution de l'UE a clarifié, à la mi-août, des orientations sur la manière dont la clause dérogatoire nationale du Pacte de stabilité et de croissance pour les dépenses de défense (1,5% du PIB par an jusque fin 2028) pourra être élargie afin d’englober des mesures favorables à la sécurité et à la résilience du système énergétique de l'Union européenne ainsi qu'à l'abandon des combustibles fossiles (EUROPE 13922/15).
Pour bénéficier d'une flexibilité budgétaire limitée (maximum 0,6% du PIB sur l'ensemble de la période) pour les dépenses énergétiques, l'Italie est tenue d'activer la clause dérogatoire nationale, comme dix-huit autres États membres l'ont déjà fait.
La requête porterait sur des mesures de réduction de la dépendance à l'égard des importations d'énergie fossile pour une enveloppe équivalant à 14 milliards d'euros (0,6% du PIB national), selon la presse italienne.
Au sein de la Commission, on s'attendait plutôt à ce que l'Italie temporise jusqu'à ce que de nouvelles données macroéconomiques soient disponibles, fin septembre. S'il parvient à réduire le déficit public sous le seuil des 3% du PIB national, le gouvernement 'Meloni' sera en mesure de sortir officiellement de la procédure pour déficit excessif fin 2026 et bénéficiera donc d'une marge budgétaire accrue, alors que des élections législatives auront lieu en 2027.
Jusque vendredi, seule la Grèce sur les dix-huit pays concernés avait fait appel à la possibilité d'utiliser la clause dérogatoire nationale pour financer des mesures énergétiques. (Mathieu Bion)