Un rapport publié lundi 14 septembre par l'ONG Oceana dresse un bilan critique du 'mécanisme de compensation' instauré depuis 2022 dans le cadre du plan pluriannuel de gestion des stocks démersaux de Méditerranée occidentale (France, Italie, Espagne).
Ce dispositif permet aux États membres d'octroyer des jours de pêche supplémentaires aux chalutiers en échange de mesures de conservation (EUROPE 13794/5).
Le système s'est considérablement complexifié, selon l'ONG : de quatre mesures éligibles pour un maximum de 2% de jours de pêche supplémentaires en 2022, il est passé à 14 mesures en 2026, pouvant représenter un effort de pêche compensatoire maximal théorique équivalent à 217% de l'effort maximal autorisé par la réglementation de 2024.
Oceana estime que ce dispositif, censé compenser la mortalité halieutique par des gains écologiques équivalents, manque d'une base scientifique solide.
Si l'usage de mailles carrées plus larges (45-50 mm) bénéficie de preuves robustes pour réduire les captures de juvéniles, d'autres mesures (augmentation des tailles minimales, fermetures au-delà de 800 mètres) n'ont qu'un lien indirect, voire nul, avec l'objectif de protection des juvéniles et reproducteurs.
L'ONG dénonce aussi l'absence de transparence sur le calcul des compensations.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/nf2 (Lionel Changeur)