Coïncidence du calendrier, quelques jours après le rejet par les Islandais d’une reprise des négociations d’adhésion à l’UE (EUROPE 13927/2), la Commission européenne a remis, mardi 1er septembre, l’Arctique au centre de son agenda et annoncé une mise à jour de sa politique dans la région, dont le cadre n’a pas évolué depuis 2021.
À l’ouverture du Forum de l’UE sur l’Arctique, le commissaire aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela, a rappelé que le Grand Nord et l’UE sont « indissociables ». « Pas seulement par la géographie (...), mais aussi par les défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-il expliqué, citant en exemple le commerce et les enjeux de sécurité.
« La question n’est donc pas de savoir si nous devons mieux agir ensemble, mais comment », a-t-il poursuivi, à quelques jours du déplacement de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les 6 et 7 septembre prochains au Groenland.
Le commissaire a plaidé en faveur de nouveaux investissements européens, soulignant au passage l’importance économique de la région pour une UE qui « a besoin de matériaux qu’elle ne possède pas ». Il a notamment cité le graphite et le molybdène, essentiels pour les batteries et la défense.
Le commissaire a confirmé avoir été chargé, avec Kaja Kallas, de préparer cette mise à jour doctrinaire. Ils seront épaulés dans cette tâche par Jyrki Katainen, ancien Premier ministre finlandais, nommé conseiller spécial pour les relations UE-Arctique en avril dernier.
Une révision nécessaire, estime une étude consacrée à la modernisation de la politique arctique de l’UE, présentée mardi devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
La région « n’est plus la zone de paix et de coopération qu’elle était considérée autrefois », affirment les trois spécialistes de l’Arctique à l’origine du rapport.
Parmi leurs recommandations, les auteurs plaident pour un rééquilibrage du triptyque climat-développement-coopération qui structurait jusqu’ici la doctrine de l’UE, en accordant une place accrue aux enjeux de sécurité.
Le document préconise de renforcer « la coopération en matière de sécurité maritime face aux menaces hybrides liées à la Russie ». Les auteurs suggèrent de muscler les capacités de surveillance, avec la création d’une structure dédiée combinant données satellitaires, systèmes d’identification automatique des navires et renseignement en sources ouvertes.
Lien vers l'étude : https://aeur.eu/f/n7x (Louis Dubar)