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Bulletin Quotidien Europe N° 13909
Sommaire Publication complète Par article 30 / 41
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Commission et l'UNHCR défendent les « centres polyvalents » sur les routes migratoires, mais refusent tout parallèle avec les centres de retours

Interrogés par la commission des libertés civiles au Parlement européen (LIBE) sur la dimension extérieure de l’asile, mardi 14 juillet, Henrik Nielsen, responsable des Affaires internationales, des retours et des visas à la Commission européenne, et Jean-Nicolas Beuze, représentant de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) pour l’UE, ont défendu la création de « centres polyvalents » le long des routes migratoires, sur fond de controverse autour du nouveau règlement 'Retours' (EUROPE 13890/13).

Ces structures, définies comme des plateformes d'accueil et d'orientation, visent à stabiliser les flux en amont. Elles combinent l'enregistrement des migrants et la détermination de leur statut, les soins médicaux et l'accompagnement vers la mobilité légale ou le retour volontaire.

Le concept englobe en réalité une grande diversité d'initiatives déjà en œuvre, comme le 'Mécanisme de transit d'urgence' (ETM) au Rwanda, conçu pour évacuer les personnes vulnérables de Libye ; les centres de transit en Mauritanie pour identifier les personnes secourues en mer ; ou encore les centres de ressources en Irak et au Pakistan pour préparer les candidats à la migration légale.

M. Nielsen a toutefois réfuté l’idée d’une « externalisation » de la politique migratoire européenne, défendant une approche de « partage et non de transfert de responsabilités ». Face à Marieke Ehlers (PfE, néerlandaise), qui pointait le manque de coopération de certains pays tiers, il a annoncé qu'une « conditionnalité » des financements européens liée à la réadmission de migrants irréguliers était envisagée dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034.

Interpellé par Anna Strolenberg (Verts/ALE, néerlandaise) sur le risque de dérives coercitives dans ces centres, il a admis que la Commission n’aurait « aucun contrôle » sur les structures financées exclusivement par les fonds propres des États membres.

Les deux intervenants ont en tout cas fermement nié toute équivalence entre les centres polyvalents et les centres de retour souhaités par plusieurs États membres (EUROPE 13894/13). M. Beuze s'est lui-même montré assez critique sur cette législation, notamment l’absence d’effet suspensif automatique des recours.

En réponse à Birgit Sippel (S&D, allemande), qui questionnait l’autonomie du HCR dans son travail de supervision des droits fondamentaux, il a reconnu que l'agence fait face à une crise financière sans précédent - ayant perdu plus de la moitié de son budget en 18 mois, sous l'effet des désengagements américain et européen. Pour autant, il s'est voulu rassurant, affirmant que l'organisation « ferait respecter ces principes, quelle que soit la situation financière ». (Justine Manaud)

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