Les dirigeants des pays alliés ont rappelé, mercredi 8 juillet, leur soutien indéfectible à l’Ukraine, « laquelle contribue à la sécurité transatlantique et défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale ».
Dans la déclaration commune d’une page qu’ils ont adoptée lors du sommet d'Ankara, les Alliés européens et canadien s’engagent à consacrer, pour 2026, « 70 milliards d’euros aux équipements, à l’assistance et aux formations militaires à destination de l’Ukraine ». Ces fonds incluent le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine, dont la composante militaire est dotée de 60 millions d’euros pour 2026-2027.
« Pour 2027, (ces Alliés) s’engagent souverainement à lui fournir une aide au moins équivalente », ajoute la déclaration, qui rappelle que les Alliés européens et le Canada financent à présent la majeure partie de l’assistance en matière de sécurité apportée à l’Ukraine, à titre bilatéral ou multilatéral.
Un soutien qui doit « être réparti de manière équitable », soulignent les Alliés, qui précisent que l’aide doit être prévisible et s’inscrire dans la durée.
Mercredi, une source de l’OTAN avait expliqué qu’il y avait une « rare fenêtre d'opportunité de six à neuf mois durant laquelle l'Ukraine peut poursuivre son redressement (sur le terrain), à condition de disposer des ressources adéquates ». « L'Ukraine estime que la Russie pourrait rattraper son retard en matière d'innovation et de mobilisation, si elle ne reçoit pas le soutien nécessaire », avait précisé cette source.
Les besoins prioritaires de l'Ukraine portent sur une défense aérienne robuste, des drones adaptés au front, les munitions d'artillerie à longue portée, mais aussi des éléments de la guerre électronique.
Mercredi, en amont d’une rencontre avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le président américain, Donald Trump, a annoncé que son pays allait « donner » à Kiev une licence pour fabriquer des systèmes antiaériens Patriot. « C'est plutôt cool. Comme ça, vous ne pourrez pas vous plaindre qu'on ne leur en donne pas assez », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « Nous n'en avons pas encore informé l'entreprise, mais ça va s'arranger ». La veille, Volodymyr Zelensky avait appelé les Alliés à aider son pays dans ses efforts pour obtenir une telle autorisation (EUROPE 13904/4).
L’Ukraine bénéficie actuellement de Patriots via l’initiative PURL, lancée il y a un peu moins d’un an. Depuis son lancement, l’initiative a recueilli 6 milliards de dollars. 26 Alliés européens, le Canada et trois pays partenaires (l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon) y ont pris part. « PURL demeure une priorité absolue en matière de financement pour le moment, car elle constitue actuellement la principale source d'une grande partie des capacités de défense aérienne de l'Ukraine, ainsi que des munitions nécessaires à sa progression sur le front », a estimé la source de l’OTAN. Elle a ajouté que 70% des munitions de deuxième et troisième génération PAC2 et PAC3, dont l'Ukraine avait besoin pour ses systèmes Patriot, étaient arrivées au travers de PURL.
Au-delà de PURL, l’OTAN a mis en œuvre plusieurs fonds de soutien à l’Ukraine. Le Fonds fiduciaire du Programme otanien de formation et d'assistance à la sécurité en faveur de l'Ukraine (NSATU trust fund), qui permet à Kiev d'acquérir rapidement pour les forces armées l'équipement dont elles ont un besoin urgent, a reçu 225 millions d'euros de dons, dont plus de 194 millions ont été approuvés pour financer une quarantaine de projets.
De plus, en juin 2026, les Alliés ont versé plus de 1,4 milliard d'euros au Fonds fiduciaire d'urgence du Programme d'assistance global (CAP), programme qui fournit un soutien urgent non létal à court terme et une aide au renforcement à long terme de son secteur de la défense et de la sécurité.
À l'issue du sommet d'Ankara, le président français, Emmanuel Macron, a estimé qu’il fallait « continuer d'être plus innovants », ajoutant que cela sera discuté lors de la réunion de la coalition des volontaires le 13 juillet à Paris. « En particulier, nous souhaitons mobiliser plusieurs industriels de plusieurs pays sur l'antibalistique », a ajouté M. Macron, précisant qu’il s’agissait d’un sujet essentiel pour la sécurité de l’Ukraine.
Par ailleurs, la déclaration d’Ankara ne fait aucune référence à un avenir de l’Ukraine au sein de l'OTAN. La veille, M. Zelensky a cependant plaidé pour une adhésion de son pays à l’Alliance (EUROPE 13904/4).
Voir la déclaration du sommet : https://aeur.eu/f/ms4 (Camille-Cerise Gessant)