Les ministres européens des Finances et banquiers centraux des pays de l'UE ont entamé, vendredi 22 mai, des discussions sur le renforcement de la compétitivité de l'Union européenne et l'usage croissant des stablecoins, à l'occasion d'une réunion informelle de deux jours à Nicosie (Chypre).
Un premier volet de ces discussions, engagé vendredi midi, s’est appuyé sur plusieurs contributions universitaires. Parallèlement, la Présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne a proposé cinq grands axes de réflexion. Ces derniers portaient sur le renforcement de la résilience économique et de l’autonomie stratégique de l’Europe, les freins à l’investissement privé en recherche et développement, l’adaptation du modèle industriel et exportateur européen aux secteurs stratégiques de demain, l’impact de la diversité des modèles économiques des États membres de l'UE sur la compétitivité ainsi que les moyens d’accroître la productivité européenne tout en préservant le modèle social de l’Union.
« La devise de la Présidence chypriote est 'l'autonomie stratégique de l'UE' ; l'autonomie stratégique va de pair avec le renforcement de la compétitivité », a rappelé vendredi l'hôte de la réunion, le ministre chypriote Mákis Keravnós.
Durant un second volet de discussions, les ministres ont poursuivi leurs échanges sur l'usage des cryptomonnaies dites 'stables' (stablecoins), généralement indexées sur une monnaie classique - par exemple, le dollar américain -, à l'instar du Dai, de l'USD Coin ou du Tether.
Selon un document de travail dont Agence Europe a eu copie, la discussion s'est focalisée sur les risques que ces actifs pourraient faire peser sur la stabilité financière de l'UE, la souveraineté monétaire et le financement des banques, ainsi que sur les réponses réglementaires et les infrastructures européennes à développer afin d’éviter une trop forte dépendance à l'égard de stablecoins libellés en dollars dans la future finance 'tokenisée'.
L'objectif visé consistait également à analyser l'accroissement des investissements dans ce secteur sans compromettre la gouvernance budgétaire, a indiqué M. Keravnós à la presse, vendredi. (Bernard Denuit)