À trois semaines de la réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères (Gymnich), la délégation du Comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a complété une série de rencontres stratégiques dans les capitales européennes par un petit-déjeuner de travail avec les ambassadeurs des États membres de l'UE réunis au sein du Comité politique et de sécurité (COPS), jeudi 7 mai.
Lors du point presse qui a suivi, Riyad Mansour, représentant permanent de l'État de Palestine auprès de l’ONU, a réitéré les mesures défendues devant les représentants européens, à savoir la suspension de l'accord d'association UE-Israël, le démantèlement des colonies en application du droit international, des sanctions ciblées contre les criminels de guerre et l'instauration d'un cessez-le-feu permanent.
Le diplomate a encouragé les États membres à ne pas attendre un consensus européen et à agir au niveau national, à l'instar de l'Espagne qui a réduit ses liens avec Israël.
Face aux réticences persistantes de certains pays, comme l’Allemagne ou l’Autriche - dont les ambassadeurs étaient présents lors du petit-déjeuner -, il a averti que la politique israélienne, si elle n'est pas stoppée, « alimentera le ressentiment, la haine et la guerre perpétuelle pendant longtemps ».
« Les responsables politiques sont à la traîne par rapport à leurs populations », a-t-il estimé, rappelant que l’initiative citoyenne lancée en janvier par l’Alliance de la gauche européenne pour suspendre les échanges commerciaux avec Israël (EUROPE 13785/14) a dépassé le million de signatures en moins de trois mois.
Après Paris et Bruxelles, la délégation se rendra dès ce soir à Madrid pour rencontrer le gouvernement et le Parlement espagnols et coordonner la pression politique sur l'UE. (Justine Manaud)