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Bulletin Quotidien Europe N° 13852
ACTION EXTÉRIEURE / Palestine

Une paix durable exige des accords sur le terrain et une voie claire et irréversible vers une solution à deux États, rappelle Mohammad Mustafa

Le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, a rappelé, lundi 20 avril, à l’occasion d’une réunion de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre d’une solution à deux États, à Bruxelles, qu’« une paix durable exigeait non seulement des accords sur le terrain, mais aussi une voie claire et irréversible vers la fin de l'occupation et la réalisation de l'État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale ».

Devant une soixantaine de délégations, le Premier ministre a rappelé la situation sur le terrain, que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie. « Les leçons de ces dernières années sont très claires. La guerre n'a pas engendré la paix. Le siège n'a pas instauré la sécurité. L'occupation n'a pas engendré la stabilité. Le déplacement forcé ne saurait engendrer la légitimité, et l'annexion ne saurait engendrer la coexistence. Seuls un ajustement et une paix durable peuvent y parvenir », a-t-il insisté.

« Après des années de guerre, force est de constater que la question de la solution à deux États n'a guère évolué. Pourtant, cette solution demeure la voie la plus viable pour un Moyen-Orient pacifique. Pour qu'elle ait une chance de réussir, les deux parties doivent tenir leurs engagements », a prévenu la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas. Selon elle, les participants peuvent et doivent « faire davantage pour garantir le respect des droits humains et la responsabilité afin de protéger le peuple palestinien et de remettre la solution à deux États au cœur des discussions ».

Elle a ainsi condamné les « actions unilatérales » israéliennes, appelant l'État hébreu à arrêter l’expansion des colonies et à punir les crimes commis par les colons. « Israël doit reverser les recettes fiscales qu'elle a retenues. Cet argent appartient au peuple palestinien », a-t-elle ajouté. « Israël retient des milliards de dollars de nos propres fonds, plus de 5 milliards, nous empêchant ainsi de facto de fournir des services essentiels à notre population. Cela doit cesser », a plaidé le Premier ministre palestinien en amont du comité de liaison ad hoc.

Parallèlement, l'Autorité palestinienne doit entreprendre des réformes, a rappelé Kaja Kallas. Mohammad Mustafa a promis que son pays progressait dans les réformes. « L’Autorité palestinienne a réalisé des progrès significatifs dans la mise en œuvre de son programme de réformes global, notamment en renforçant l’État de droit, en améliorant la transparence et en optimisant la prestation de services », a-t-il souligné. Il a en outre mis en avant la réforme du secteur de la sécurité, menée avec le soutien des partenaires internationaux, précisant apprécier notamment le rôle de l’UE et des États-Unis et leurs contributions à la gestion des frontières, à l’État de droit et au soutien institutionnel en Palestine.

Selon le Premier ministre, le gouvernement a réalisé 72% des points prévus dans les réformes, « alors même que nous sommes encore en plein milieu du programme ». « Nous sommes donc largement en avance sur le calendrier pour atteindre nos objectifs de réforme », a-t-il expliqué.

Coopération avec le Conseil de la Paix. Kaja Kallas et le ministre des Affaires étrangères norvégien, Espen Barth Eide, ont aussi mis en avant la nécessité pour le comité ad hoc et le 'Conseil de la paix' du président américain, Donald Trump, de coopérer. M. Barth Eide a estimé que la présence des États-Unis et du Haut Représentant du Conseil de la paix à la réunion du comité devait permettre de « contribuer à la reconstruction de Gaza et de veiller à ce qu'elle s'inscrive pleinement dans la reconstruction de la Palestine et dans la mise en place d'un gouvernement palestinien indépendant ». « Il est essentiel que l'Autorité palestinienne et le Comité national pour l'administration de Gaza travaillent de concert, et non en opposition », a ajouté Mme Kallas, alors que M. Mustafa a rappelé que Gaza et la Cisjordanie devaient être unifiées sous l'Autorité palestinienne à la fin de la période de transition. (Camille-Cerise Gessant)

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