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Bulletin Quotidien Europe N° 13852
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

L’Ukraine, le Moyen-Orient, le Caucase du Sud et le Soudan à l'ordre du jour des ministres européens le 21 avril

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE se réuniront mardi 21 avril à Luxembourg, avec, une nouvelle fois, un agenda chargé.

Ukraine. Comme à leur habitude, ils commenceront par un échange de vues, par visioconférence, avec leur homologue ukrainien, Andrii Sybiha, sur la situation dans son pays. Après les intenses attaques aériennes russes de ces derniers jours, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, devrait, selon un haut fonctionnaire, insister sur l’augmentation de la pression sur la Russie. Le Conseil devrait se pencher sur la possibilité de sanctions supplémentaires, des actions de sensibilisation dans les instances internationales et des mesures ciblant la 'flotte fantôme'. Les ministres devraient adopter des sanctions à l’encontre de deux ou trois acteurs de la déstabilisation menée par la Russie.

Le second axe des discussions sera le soutien à la résilience et à la préparation de l'Ukraine, en particulier sur les garanties de sécurité et son quatrième pilier, qui porte sur la stabilité partagée. Selon le Conseil, la Haute Représentante devrait orienter les discussions vers des actions concrètes, susceptibles d'améliorer la stabilité à long terme, notamment par le biais d'une réforme de la défense, d'un renforcement du soutien cybernétique et hybride ainsi que d'efforts de déminage. Une attention particulière sera portée au soutien aux anciens combattants ukrainiens.

Bien que Viktor Orbán ait perdu les élections, aucune décision n’est à attendre concernant l’adoption du 20e paquet de sanctions ou du prêt de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, le nouveau gouvernement hongrois n’ayant pas encore pris ses fonctions.

Moyen-Orient. Les ministres s’entretiendront ensuite avec le Premier ministre libanais, Nawaf Salam. Quelques jours seulement après le cessez-le-feu entre le Liban et Israël (EUROPE 13851/4), les Européens devraient discuter avec M. Salam de la manière dont l’UE pourrait être impliquée dans la mise en oeuvre du cessez-le-feu et le soutien au gouvernement, y compris avec une mission de formation des forces armées libanaises, en lien avec la fin de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), même si une source a estimé, vendredi, que les conditions n’étaient pas réunies pour une telle mission, ou une nouvelle aide de la 'Facilité européenne pour la Paix'. Le 19 avril, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a condamné l’attaque contre la FINUL qui a coûté la vie à un soldat français et qui, « selon toute vraisemblance », a été perpétrée par le Hezbollah.

Selon le haut fonctionnaire européen, la discussion avec le Premier ministre est « une occasion très importante d’entendre directement de sa bouche quels sont la situation et l’état du cessez-le-feu à ce moment-là, et aussi de savoir ce que l'UE pourrait faire et comment elle pourrait aider dans les circonstances actuelles ».

Les ministres discuteront également de la situation dans le détroit d’Ormuz. Vendredi, une coalition d’États non belligérants s’est dite prête à « une mission neutre, bien distincte des belligérants, afin d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe » après la cessation des hostilités. Une réunion de planification militaire est prévue pour cette semaine à Londres.

La Haute Représentante pourrait aussi appeler les États membres à renforcer les moyens déployés dans le cadre de la mission Aspides, en mer Rouge.

Les négociations entre l’Iran et les États-Unis pourraient être évoquées, tout comme la nécessité de renforcer la pression sur le régime iranien en raison de ses violations des droits de l’homme, mais aussi de son blocus du détroit d'Ormuz. Selon une source européenne, les États membres se seraient mis d'accord pour élargir le régime de sanctions à l'encontre de l'Iran aux activités qui contreviennent à la liberté de navigation. Le travail technique pour préparer les actes juridiques serait en cours.

De même, les ministres aborderont la situation au Proche-Orient au lendemain de la réunion de l'Alliance mondiale et du comité de liaison ad hoc (voir autre nouvelle). En raison des dernières décisions d'Israël, y compris la mise en place de sa loi sur la peine de mort, la question de mesures à son encontre devrait être une nouvelle fois soulevée par plusieurs États, mais aucune décision ne serait à attendre. Ainsi, les ministres des Affaires étrangères espagnol, irlandais et slovène ont appelé l’UE, dans une lettre commune, à une réponse ferme concernant la situation au Moyen-Orient.

Voir la lettre : https://aeur.eu/f/llr

Enfin, le Conseil se penchera sur la situation en Syrie. Les ministres pourraient aborder l’approche coordonnée de l’UE sur le processus de transition du pays et son redressement face aux défis sécuritaires, en particulier la lutte contre le terrorisme et l’approfondissement de la relation de l’UE avec le pays, notamment d’un point de vue économique. La discussion permettra de préparer le dialogue politique de haut niveau que l'UE tiendra avec la Syrie le 11 mai prochain.

Caucase du Sud. Les ministres discuteront ensuite du Caucase du Sud. Il s’agira notamment de s’entretenir du processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, de la mise en œuvre de l’accord de paix et des mesures de construction de la confiance. Le Conseil discutera aussi du soutien à apporter à l’Arménie en amont des élections du 7 juin, y compris une nouvelle mission portant sur la lutte contre les menaces hybrides alors que le pays fait face à l’ingérence de la Russie. La discussion pourrait aussi permettre de préparer le tout premier sommet UE-Arménie, qui se tiendra le 5 mai à Erevan. En ce qui concerne l'Azerbaïdjan, les ministres pourraient rappeler l’importance du pays d’un point de vue énergétique, mais aussi les défis en termes de droits de l’homme auquel il fait face.

La poursuite de la détérioration de la démocratie en Géorgie sera également abordée. Selon une source, l’objectif sera de voir s’il y aurait des leviers éventuels pour retrouver des voies d'engagement très préliminaires avec les autorités politiques, tout en restant particulièrement ferme sur les messages vis-à-vis du parti au pouvoir, Rêve géorgien.

Soudan. Mme Kallas présentera aux ministres un compte-rendu de la Conférence internationale pour le Soudan, à laquelle elle a pris part mercredi 15 avril à Berlin (EUROPE 13849/19).

Les ministres sont appelés à s’entendre sur une nouvelle déclaration officielle réaffirmant l’approche de l’Union européenne face à une guerre civile dont les hostilités se prolongent depuis plus de trois ans et qui implique indirectement de nombreux acteurs extérieurs. Selon les estimations, 34 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire et le conflit a engendré près de 14 millions de déplacés internes.

De sources diplomatiques concordantes, au moins deux pays de l'UE proposeront mardi un nouveau paquet de sanctions sectorielles visant le secteur de l'or. (Camille-Cerise Gessant avec Bernard Denuit)

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