À Bruxelles pour rencontrer des représentants du SEAE, des députés européens et des membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, trois des rédacteurs de l’étude du Center for European Policy Analysis (CEPA) intitulée 'Guerre sans fin : Dissuader la guerre de l'ombre russe' - Sam Greene, Minna Alander et David Kagan - ont présenté à Agence Europe, mardi 14 avril, leurs recommandations à destination des décideurs transatlantiques afin de rétablir une dissuasion crédible face à la guerre de l'ombre menée par la Russie.
Selon les auteurs, « les ripostes des Alliés devraient s'appuyer sur des signatures opérationnelles répétées (méthodes, cibles, calendrier et intention) plutôt que de traiter chaque incident comme un acte criminel isolé ». Ils mettent l'accent sur la nécessité d'une consultation collective, sur une coordination public-privé « comme un pilier permanent de la dissuasion hybride », sur des réponses qui s'appuient sur les institutions de sécurité nationale et sur une harmonisation des capacités de préparation et des seuils politiques d'intervention de l'UE et de l'OTAN.
Les auteurs estiment en outre que les menaces hybrides doivent être intégrées dans un cadre de dissuasion unique. Les Alliés devraient également maintenir un arsenal permanent de sanctions, comprenant notamment des mesures économiques limitant directement la capacité militaire de la Russie, et un soutien direct à la défense de l'Ukraine.
« Des lignes rouges claires, des conséquences prévisibles et une détermination collective doivent être maintenues, même lorsque Moscou répond par des menaces. L'objectif n'est ni de rechercher la confrontation ni de l'éviter systématiquement, mais d'imposer des conséquences de manière cohérente », rappellent les auteurs.
Voir l'étude : https://aeur.eu/f/lk1 (Camille-Cerise Gessant)