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Bulletin Quotidien Europe N° 13849
GUERRE AU MOYEN-ORIENT / Moyen-orient

En visite dans le Golfe, António Costa rappelle le soutien de l’UE au cessez-le-feu et à la réouverture du détroit d’Ormuz

Le président du Conseil européen, António Costa, a rappelé, lors de ses rencontres avec les dirigeants des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite et du Qatar, mardi 14 et mercredi 15 avril, le soutien « incontestable » de l’UE aux pays du Golfe, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

« Les pays du Golfe peuvent compter sur l'UE aujourd'hui et demain », a-t-il promis lors d'un point presse à Doha, expliquant qu’il s’était rendu dans la région pour offrir le soutien de l'UE, avec deux priorités : œuvrer à un cessez-le-feu stable et durable, qui puisse ouvrir la voie à une paix durable et rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, qui est, avec la mer Rouge, une « voie vitale pour l'économie mondiale, les chaînes d'approvisionnement et le commerce international ». « Rétablir la liberté de navigation est crucial et urgent », a-t-il insisté, précisant que l’Europe était déterminée à contribuer à garantir le passage sûr des navires.

Alors que la France et le Royaume-Uni organisent, vendredi 17 avril, une visioconférence des pays non belligérants prêts à contribuer à une « mission multilatérale et purement défensive » sur le détroit d’Ormuz, Téhéran a menacé, mercredi, de bloquer le trafic maritime en mer Rouge si les États-Unis continuaient à exercer un blocus sur les ports iraniens.

« Depuis le début de ce conflit, l'Union européenne n'a cessé d'appeler à la désescalade et à des négociations dans le plein respect du droit international », a résumé M. Costa, rappelant les conséquences « désastreuses » du conflit et prévenant que la situation ne fera qu'empirer de jour en jour tant que ce conflit ne sera pas résolu.

Le président du Conseil européen a estimé qu’il était essentiel que les différents acteurs profitent de la dynamique créée par le récent cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l'Iran afin de répondre aux préoccupations de la communauté internationale concernant l'Iran. « Un accord sur le nucléaire, les missiles balistiques et le soutien (de l’Iran) aux groupes armés est indispensable », a-t-il ajouté.

M. Costa a également réitéré le soutien de l'UE au Liban, qui continue de faire face aux frappes israéliennes. « Donner aux autorités (libanaises) les moyens de désarmer le Hezbollah est la seule solution durable pour rétablir la stabilité internationale du Liban », a-t-il prévenu. Ainsi, selon M. Costa, les négociations de mardi entre Israël et le Liban sont une avancée positive. « Nous soutenons et saluons les pourparlers visant à garantir la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban et à permettre aux autorités libanaises de tenir leurs engagements, notamment le désarmement du Hezbollah », a-t-il ajouté. Selon le président, « il est crucial que ces pourparlers se poursuivent et aboutissent à des résultats ».

À Bruxelles, devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, le secrétaire général du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Albudaiwi, a estimé que la communauté internationale devait soutenir plus fortement la stabilité de la région et la désescalade. « Le poids de l'UE est réel, c'est un des blocs les plus importants, et l'UE a vocation à participer à la recherche d'une solution. Cela a été le cas dans le conflit iranien il y a quelques années, et elle a les outils nécessaires pour jouer un rôle positif », a-t-il estimé.

Renforcer le partenariat UE/Golfe. Le président du Conseil européen et le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe ont tous deux plaidé pour l’approfondissement et le renforcement de la coopération UE/CCG.

Si M. Costa a rappelé que l’UE était « un partenaire fiable et prévisible pour les pays du Golfe » et plaidé pour que « plus que jamais » l’UE et les pays du Golfe travaillent de concert, M. Albudaiwi a expliqué que le CCG était « un partenaire responsable et fiable au niveau régional et international ».

« Renforcer ces relations n’est plus facultatif, mais une nécessité pratique, au vu de nos défis communs », a expliqué le secrétaire général, mettant en avant des domaines d’intérêt commun tels que le numérique, les infrastructures critiques, l’énergie, les transports ou la sécurité. Il a aussi plaidé pour le renforcement de la coopération parlementaire entre les deux blocs.

Un deuxième sommet entre l’UE et le CCG devrait se tenir dans les prochains mois et devrait être l’occasion, selon M. Albudaiwi, du lancement de négociations pour ce qui concerne l'exemption de visas pour les citoyens du Golfe et de faire un bilan des progrès de celles sur l’accord de libre-échange UE-CCG. (Camille-Cerise Gessant)

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