Plus de six mois après la présentation des propositions relatives au cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 (EUROPE 13682/1), l’Union européenne peine toujours à trouver une vision commune, constate le centre de réflexion (think tank) Centre for European Policy Studies (CEPS), dans un avis publié jeudi 12 février par la chercheuse associée, Eulalia Rubio.
Ainsi qu’elle le rappelle, comme souvent, la Commission a proposé une évolution du cadre précédent, le Parlement européen souhaite davantage de moyens, tandis que les États dits « frugaux » freinent les dépenses et que les bénéficiaires de la politique de cohésion et de la Politique Agricole Commune (PAC) défendent leurs montants alloués.
Mais cette fois, la Commission souhaite un remodelage en profondeur de l'architecture du budget.
La proposition expose une réduction des fonds préalloués aux États membres pour l’agriculture et la cohésion, au profit de financements gérés plus directement par l’UE et attribués au moyen d'appels compétitifs, autant de choix pour plus de flexibilité, une meilleure orientation vers la compétitivité, la défense et les priorités communes.
Néanmoins, le budget global n’augmente que très légèrement et avec le remboursement de la dette post-Covid-19, les ressources disponibles diminueraient même en termes réels, ce qui signifierait moins de prévisibilité.
En outre, en l’absence de consensus sur les priorités telles que la compétitivité, la transition verte, le soutien à l’Ukraine ou de politique industrielle face aux États-Unis et à la Chine, il devient difficile de construire un budget véritablement guidé par des objectifs de politiques publiques.
Et l’UE pourrait alors se limiter à un CFP réduit et politiquement commode, mais insuffisant.
L'opinion : https://aeur.eu/f/kpb (Nithya Paquiry)