Le lanceur Ariane 6 a réussi sa mission, mardi 4 novembre, avec le lancement du satellite Sentinel 1D (EUROPE 13746/22). Ce nouveau succès marque le retour en force des lanceurs européens après plusieurs mois d'absence en raison de retards sur Ariane 6 et de problèmes sur Vega-C.
« Il est important de sauvegarder notre sécurité et notre indépendance » avec des lanceurs, a rappelé Toni Tolker Nielsen, de l’Agence spatiale européenne, à un groupe de journalistes, dont Agence Europe, invités à Kourou pour le lancement de Sentinel 1D avec un lanceur Ariane 6.2. « Ariane 6 est un outil unique pour l'Europe afin de garantir un accès souverain à l'espace. Cet accès autonome permet de lancer des satellites de la façon que l’on veut, où et quand on veut, sans autorisation préalable, y compris pour des éléments sensibles », a ajouté David Cavaillolès, CEO d’Arianespace.
Le lancement de Sentinel 1D était le quatrième avec Ariane 6 en 16 mois. « On peut noter qu'il s'agit donc d'une montée en cadence relativement exceptionnelle et, dans tous les cas, d'une des meilleures qui ait été observée jusqu'à présent », avait souligné, le 30 octobre, Caroline Arnoux, chef de l’unité ‘business’ à ArianeSpace. « En termes de montée en cadence, faire quatre lancements en 16 mois, il y a très peu de systèmes de lancement qui y soient parvenus. Surtout quand ils sont tous réussis », avait-elle ajouté.
Un dernier lancement Ariane 6 est prévu cette année, le 17 décembre, pour deux satellites du programme européen Galileo, selon une source. Ce sera la première fois que des satellites pour Galileo seront lancés avec Ariane 6 et il s'agira du premier lancement depuis celui de septembre 2024 par Space X (EUROPE 13485/32). Les deux satellites sont arrivés en Guyane en avion, jeudi 6 novembre, depuis le Luxembourg. Ces deux satellites, de 730 kg chacun, seront mis en orbite à 23 000 km de la terre.
« On vise d'avoir réalisé cinq lancements en moins de 18 mois, donc entre le vol inaugural, en juillet 2024 et la fin 2025 », a expliqué Caroline Arnoux. L'année prochaine verra l'introduction du premier Ariane 6.4 (un lanceur Ariane 6 avec quatre propulseurs d'appoint à son bord, contre deux pour Ariane 6.2, permettant de doubler la masse transportée).
Plusieurs membres d’Arianespace ont également expliqué à Agence Europe que l’objectif était de doubler la cadence par rapport à celle de cette année et d’avoir environ huit lancements l’an prochain sur Ariane 6. « Notre objectif est d'atteindre une cadence de 9 à 10 dans un court laps de temps. À cette cadence, compte tenu des performances d'Ariane 6, nous pouvons accomplir beaucoup. Parallèlement, nous constatons l'émergence de projets comme Iris². Donc, si une cadence supérieure s'avère nécessaire et pertinente, nous pourrons en discuter », a précisé David Cavaillolès.
Il a aussi exhorté à la préférence européenne pour les lanceurs. « Des acteurs disent qu’il faut plus de concurrence. (…) Je n’ai rien contre, mais il ne faut pas être naïfs. Un atout qu’ont les Américains, les Chinois et les Russes est que leurs marchés institutionnels sont beaucoup plus grands. Nous, on ne peut pas concourir pour des lancements américains », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)