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Bulletin Quotidien Europe N° 13618
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POLITIQUES SECTORIELLES / CohÉsion

La révision à mi-parcours proposée « chamboule » la politique de cohésion, selon plusieurs eurodéputés

Plusieurs membres de la commission du développement régional du Parlement européen ont déploré, mercredi 9 avril, les effets pervers de la révision à mi-parcours de la politique de cohésion sur les missions traditionnelles de cette politique en vue de la réduction des disparités régionales en Europe.

Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Raffaele Fitto, a dû faire face à des critiques de la part des groupes S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche au sujet de sa proposition de révision à mi-parcours de la politique de cohésion (EUROPE 13612/4).

Raquel García Hermida-Van Der Walle (Renew Europe, espagnole) a critiqué les « incitants pervers » dans la proposition, qui pourraient conduire à des conséquences non prévues comme le détournement d’argent des régions pauvres vers des régions fortes de l’UE du point de vue économique en raison de cette possibilité de cofinancement à 100% par le budget de l’UE. Le risque existe, selon Mme García Hermida-Van Der Walle, que les régions fortes deviennent plus fortes et que les plus faibles soient laissées de côté. Un taux de cofinancement de 100% pour certains projets risque de conduire à avoir moins d’argent pour des projets européens et, finalement, pourrait se traduire par une plus grande centralisation des projets, a-t-elle conclu.

Cristina Guarda (Verts/ALE, italienne) a estimé que la proposition « chamboule » la politique de cohésion en devenant un fonds de compensation pour les politiques d'urgence, comme l'industrie de la défense. Elle n'est pas d'accord avec le fait de « financer l'industrie militaire sans limites géographiques » avec les moyens de cette politique commune qu'est la politique de cohésion. En outre, Mme Guarda a critiqué l'absence du principe de redistribution en voulant favoriser les grandes entreprises.

Valentina Palmisano (La Gauche, italienne) a critiqué le fait de vouloir « alimenter le réarmement », au lieu de se concentrer sur les objectifs traditionnels de la politique de cohésion. 

Nora Mebarek (S&D, française) a salué les propositions sur l'eau, le logement et la transition énergétique, mais « en intégrant la défense comme un des premiers objectifs de la cohésion, vous changez la nature même de la politique de cohésion. C'est un tournant », a-t-elle dit au commissaire.

Les cinq priorités de la réforme tiennent compte des nouvelles réalités en Europe, a assuré M. Fitto. Il ne sera pas possible d'acheter des armes avec les crédits de la politique de cohésion, a-t-il insisté. Les investissements dans la défense sont une possibilité pour les pays qui le souhaitent et il n'est pas possible de déplacer des fonds d'une région à l'autre, a martelé le commissaire. 

Neuvième rapport sur la cohésion. Par ailleurs, la commission du développement régional a adopté (28 voix pour, 4 contre et une abstention), mercredi, un projet de rapport de Jacek Protas (PPE, polonais) (qui sera examiné et voté lors de la plénière du 5 au 8 mai à Strasbourg) évaluant le neuvième rapport de la Commission européenne sur la cohésion. Les députés prônent une politique de cohésion dotée d'un financement adéquat pour la période 2028-2034 et d'une planification décentralisée, ancrée dans les besoins de chaque lieu.

Lien vers les amendements de compromis : https://aeur.eu/f/gcp  (Lionel Changeur)

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