login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13615
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres/justice

Le retrait de la Hongrie de la 'Cour pénale internationale' nuit à la quête commune de justice, estime la juridiction de La Haye

Le retrait d'un État partie à la 'Cour pénale internationale' (CPI) « nuit à notre quête commune de justice et affaiblit notre détermination à lutter contre l'impunité », a déclaré la Présidence de l'Assemblée des États parties au 'Statut de Rome', jeudi 3 avril, après l'annonce du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, du retrait de la Hongrie du 'Statut de Rome' (CPI).

Estimant que chaque État partie à la CPI a le droit d'exprimer ses préoccupations, la Présidence de l'Assemblée a encouragé « vivement » la Hongrie à s'engager dans un débat constructif, dans un communiqué, tout en notant que, fin 2024, les autorités hongroises avaient reconfirmé leur « soutien indéfectible à la Cour en tant qu'institution judiciaire indépendante et impartiale ».

Et de rappeler qu'un État partie n'est pas automatiquement libéré, du fait de son retrait, des obligations découlant du 'Statut de Rome'.

Jeudi, M. Orbán, qui avait signé l'adhésion de son pays en 2001, a justifié sa décision au nom de la défense de l'État de droit, pour laquelle son pays serait en pointe. Il a accusé la CPI d'être devenue « un tribunal politique » à travers « la chasse aux sorcières » que la Cour mènerait contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.

Le Premier ministre hongrois a officiellement fait part de cette décision lors d'une visite officielle à Budapest du dirigeant israélien, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international de la CPI pour les crimes commis par Israël dans la guerre que ce pays mène contre le groupe terroriste Hamas à Gaza depuis octobre 2023.

Israël et les États-Unis n'ont jamais été parties au 'Statut de Rome' depuis la création de la CPI.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a noté que la Hongrie deviendra le seul État membre de l'UE à ne pas être partie au 'Statut de Rome'. Sur le réseau X, il a qualifié cette démarche de « recul important » dans la lutte contre l'impunité des crimes les plus graves, qui « ouvre la voie à un monde où la force fait le droit ».

Interrogée à Bruxelles sur le fait que la Hongrie n'avait pas arrêté M. Netanyahou, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a évoqué « un mauvais jour pour la justice internationale », estimant que, dans l'UE, « personne ne devrait être au-dessus des lois ». Sur X, le ministre lituanien des Affaires étrangères a estimé que le retrait de la Hongrie de la CPI « viole l'État de droit ».

Vendredi, ni les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen et du Parlement européen, ni la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères n'avaient officiellement réagi.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont fustigé la décision de M. Orbán. Pour la 'Fédération internationale des droits de l'homme' (FIDH), le retrait de la CPI de la Hongrie, qui rejoint une démarche déjà entreprise par le Burundi et les Philippines, constitue un « assaut » contre la justice internationale.

« C'est un véritable mythe de croire que les démocraties sont à l'abri des atrocités ou de l'incapacité à demander des comptes à leurs propres dirigeants. C'est précisément la raison pour laquelle la CPI doit intervenir », a considéré son représentant auprès de la CPI.

Le FIDH demande aux États membres de l'UE, lors du Conseil 'Affaires générales' de mardi 27 mai, qui examinera la situation de l'État de droit en Hongrie, de conclure que ce pays a agi en violation des valeurs fondamentales européennes et d'ouvrir la voie à des sanctions telles qu'une suspension des droits de vote au Conseil.

Quant à Amnesty International, l'organisation a appelé les institutions et les pays de l'UE à être « sans équivoque » sur la nature de la visite de M. Netanyahou à Budapest. Il s'agit d'« une attaque directe de la Hongrie visant à (...) affaiblir l'Union européenne à un moment où elle a besoin d'être forte et unie, et (d')une insulte à toutes les victimes qui cherchent à obtenir justice », a-t-elle estimé. Et d'exhorter l'UE et les pays parties à la CPI à stopper cette « faillite morale avant qu'elle n'entraîne d'autres dommages pour l'ordre international fondé sur des règles ». (Mathieu Bion)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - EMPLOI
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
BRÈVES