login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13615
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Les ministres du commerce de l'UE se pencheront sur les tarifs de Donald Trump à Luxembourg, lundi 7 avril

Les ministres du Commerce de l’UE ont été convoqués pour une réunion du Conseil 'Commerce extraordinaire' à Luxembourg, lundi 7 avril. Les multiples annonces de droits de douane américains l’exigent. Deux sujets figurent à l’agenda des ministres : les relations avec les États-Unis et celles avec la Chine, mais le premier devrait prendre le dessus sur le deuxième.

La réunion sera l’occasion pour les Vingt-sept de donner leur appréciation de la situation et leur vision pour la suite. Il n’est pas question de se lancer dans les détails des contre-mesures européennes, selon plusieurs diplomates de l’UE, mais plusieurs pays devraient tout de même aborder ce sujet brûlant. La France insiste, par exemple, sur le besoin de s'attaquer aux services numériques américains, alors que d'autres pays appellent à l'apaisement.

Pour la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, l’objectif de la réunion est d’avoir un message d’unité dans le sens du soutien aux travaux de la Commission, plutôt que des lignes directrices pour la suite. Il est trop tôt pour avoir une discussion détaillée sur la riposte, insistent deux sources.

Du reste, la présence du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, sera fort utile pour donner un aperçu des perspectives de négociations avec Washington. Celui-ci a eu, vendredi 4 avril, un échange téléphonique avec ses homologues américains.

Un front européen uni avec une fermeté variable. La Commission européenne bénéficie pour l’instant d’un soutien quasi unanime parmi les États membres dans sa démarche de négociations et d’élaboration de contre-mesures. Les opinions divergent toutefois sur le degré de fermeté dans la réponse européenne.

Des pays comme la Belgique, la Suède, l’Allemagne ou l’Italie appellent à négocier avant tout. « Je soutiens complètement l’objectif [de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen] de travailler à une solution négociée aussi vite que possible. [...] Car l’atlantisme est plus vieux et plus grand que Trump et une solution plutôt qu’un conflit est dans l’intérêt de tous », a insisté le Premier ministre belge, Bart De Wever, jeudi 3 avril.

Même son de cloche chez le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson : « Mon espoir, et notre objectif, est que nous serons en mesure de contenir les nouveaux tarifs américains. Nous voulons retrouver le chemin du commerce et de la coopération avec les États-Unis ».

Pour ces pays, qui craignent la surenchère, il s'agit de persévérer dans l'effort de faire retirer les mesures annoncées, et même de faire baisser les taux de tarifs américains, qui étaient en vigueur jusque début 2025. Certains croient toujours qu'un accord est possible avec le Président américain dans ce sens.

En effet, selon les estimations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les mesures adoptées par Donald Trump depuis le début de l'année pourraient conduire à une contraction d'environ 1% du volume de commerce de marchandises cette année, ce qui représente une révision significative des précédentes prévisions. La directrice de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, s'est dite très inquiète de la situation. Dans une déclaration, le 3 avril, elle a appelé les membres de l'OMC à se parler et à utiliser l'enceinte de son organisation pour chercher des solutions.

Lundi 7 avril, certains États membres devraient tout de même questionner la Commission sur les contre-mesures à venir et leur ampleur. La France, l'Espagne et même l'Allemagne estiment qu'il est temps de montrer les muscles. Les mesures de rétorsion ne sont pas envisagées par ces pays comme une fin en soi, mais comme une manière d'afficher un rapport de force pour la future négociation.

Chine. Non moins pertinentes, mais plus en retrait dans l'actualité, les relations UE/Chine seront l'objet des discussions des ministres lundi, avec, là aussi, un compte-rendu du commissaire Maroš Šefčovič, qui était à Pékin du 27 au 29 mars. Il y a rencontré le vice-premier ministre, He Lifeng, le ministre du Commerce, Wang Wentao, ainsi que le ministre des Douanes, Sun Meijung.

Le commerce avec la Chine est directement lié aux dernières évolutions outre-Atlantique, puisque les nouveaux tarifs américains devraient provoquer des changements de flux commerciaux dans le monde et risquent d'augmenter la part de produits chinois arrivant en Europe. C'est donc un sujet de discussion évident pour les ministres, lundi.

Ces derniers devraient, là aussi, donner une vision politique de la situation, au vu des dernières mesures prises à l'encontre de la Chine et des négociations en cours, notamment sur le cas des véhicules électriques chinois. (Léa Marchal)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - EMPLOI
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
BRÈVES