Malgré une nouvelle incursion du groupe armé 'M23' dans la province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), dimanche 16 février, la Commission européenne s'est limitée, lundi, à réitérer ses positions précédentes (EUROPE 13566/8).
« L’UE examine d’urgence tous les outils dont elle dispose, et la violation continue de l’intégrité territoriale de la RDC ne restera pas sans réponse », a déclaré un porte-parole du Service européen pour l'action extérieure lors d'une conférence de presse.
« Je ne peux pas, à ce stade, préjuger du niveau, de l’ampleur ou de la portée de notre réaction », a-t-il précisé.
Les appels à des sanctions concrètes et « cohérentes » de l'UE se sont pourtant intensifiés depuis la fin janvier, après une première offensive clé du groupe rebelle et de ses soutiens rwandais (EUROPE 13573/1, 13569/19).
Après l'assaut sur Goma le 27 janvier dernier, les rebelles ont pris, trois semaines plus tard, le contrôle de Bukavu, renforçant encore leur emprise sur l'est du territoire congolais. 3 000 morts ont été recensés dans les récents affrontements, selon l'ONU.
« Nous sommes alarmés par les informations faisant état de la prise de l’aéroport de Kavumu et de l’entrée à Bukavu des forces du 'M23' soutenues par le Rwanda. Il s’agit clairement d’un mépris des appels internationaux répétés en faveur d’un cessez-le-feu », a déclaré le porte-parole.
La situation doit être examinée par les États membres de l'UE lundi 24 février prochain, tandis que le Parlement européen a voté jeudi dernier une résolution appelant à sanctionner immédiatement le Rwanda (EUROPE 13579/12).
La résolution du PE a été « bien prise en compte » par la Commission, a assuré le porte-parole. (Bernard Denuit)