« Les plateformes ne doivent pas s’écarter des faits. Si elles le font, elles créent un vide dans lequel la désinformation prospère sans contrôle et le préjudice causé à la démocratie est profond », a déclaré le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, jeudi 9 janvier.
Réagissant à l’annonce par Mark Zuckerberg de la suppression du service de vérification de l’information sur Meta (Facebook, Instagram et WhatsApp), précédée de celle décrétée par Elon Musk en ce qui concerne le réseau X, le Commissaire y voit l’illustration d’une « tension fondamentale » entre la préservation de la liberté d’expression et la « propagation de discours préjudiciables » amplifiés par les algorithmes.
Lutter contre ces discours, souvent « haineux » et « violents » ne relève pas de la censure, tranche Michael O’Flaherty, mais traduit un engagement en faveur de la protection des droits de l’homme.
Il se réfère à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui fait du respect de la dignité de la personne le « fondement d’une société démocratique et pluraliste », et appelle les États européens à « redoubler d’efforts et faire preuve d’un leadership éthique ».
Il s’agit de trouver « un équilibre qui préserve la liberté d’expression dans ses limites bien établies » afin de protéger les droits de l’homme, conclut le Commissaire, qui appelle à une coopération entre acteurs étatiques, plateformes et société civile.
Lien vers la déclaration (en anglais) : https://aeur.eu/f/ezv (Véronique Leblanc)