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Bulletin Quotidien Europe N° 13529
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Avant-dernier jour de la COP29 - pluie de critiques au projet d’accord de la présidence azerbaïdjanaise sur le financement de l’action climatique

À Bakou (Azerbaïdjan), les négociateurs de la COP s’engagent dans une course contre la montre alors que le projet d’accord final de la COP29 publié jeudi 21 novembre dans la matinée par la Présidence azerbaïdjanaise a reçu de vives critiques et a été notamment jugé « inéquilibré, impossible à réaliser et inacceptable » par le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra.

Lors de son intervention en séance plénière 'Qurultay', ce dernier s’est dit particulièrement « déçu » quant à l’objectif de financement de l’action pour le climat en faveur des pays en développement (NCQG) (EUROPE 13528/9).

« Nous sommes très loin des infrastructures dont nous avons besoin au regard de l’accord et nous ne voyons pas comment ce texte pourra réellement mobiliser les fonds nécessaires et répondre à nos besoins communs », a-t-il estimé.

L’émissaire américain, John Podesta, ou encore le représentant chinois, Xia Yingxian, ont également critiqué le texte, ce dernier appelant « toutes les parties à se retrouver à mi-chemin ».

Antonio Gutierrez, quant à lui, a rappelé que le succès de cet accord était important pour « bâtir la confiance entre les nations ».

Aucun montant chiffré. À l’heure actuelle, aucun chiffre d’aide à l’action pour le climat n’a été communiqué alors que la COP se termine officiellement ce vendredi 22 novembre. Le projet de texte n’en fait pas mention, inscrivant simplement des X à l’endroit prévu pour les montants. Il indique toutefois, dans une option ministérielle, qu’il s’agira de « billions de dollars par an, de 2025 à 2035 », avec un montant se chiffrant en « milliards de dollars par an en subventions ou en équivalents de subventions ».

Cela fait pourtant plusieurs mois, bien avant la pré-COP à Bonn, en juin (EUROPE 13431/7), que les pays en développement, dont une alliance de 134 pays du Sud, et les ONG pour le climat demandent que la base de pays contributeurs, comme l’UE, les États-Unis ou le Japon, se prononcent sur le montant de l'aide pour le climat fournie aux pays en développement.

La directrice de la coalition d’ONG CAN Europe, Chiara Martinelli, a estimé que ne pas divulguer les chiffres concrets « revient à jouer avec l’avenir de notre planète ».

Selon une source ministérielle européenne, les 1 000 milliards par an réclamés d'ici 2030 (1 300 milliards par an d'ici 2035), à la place de l’objectif de 100 milliards actuels, est tout simplement impossible à atteindre « sur la base des donateurs existants », à cause de finances publiques en souffrance.

À l’heure d’écrire ces lignes, un nouveau texte était attendu le 21 novembre tard dans la soirée.

Sortie des énergies fossiles. Le commissaire Hoekstra s’est également offusqué, plus tôt dans la journée, du manque d’engagement dans le projet de texte concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à cause de l'opposition des pays producteurs de pétrole, tels que l’Arabie saoudite.

C’est un avis partagé par ses collègues européens, dont la ministre française à la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, fustigeant un texte « qui nous renvoie plusieurs mois en arrière », mentionnant l’accord conclu lors de la COP28 à Dubaï il y a un an pour abandonner progressivement le gaz, le pétrole et le charbon.

Il est à noter que, le 20 novembre, 25 pays, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie ou encore le Canada, ont signé un appel volontaire à ne plus jamais ouvrir de centrale au charbon. Des pays comme les États-Unis, la Chine ou l’Inde ne se sont pas joints à cet engagement.

Dans un entretien à l’AFP, la secrétaire brésilienne au Climat, Ana Toni, a toutefois rassuré, indiquant que le Brésil ne se « dérobera pas » concernant la sortie des énergies fossiles et que, dans le cadre de la préparation de la COP30 à Belem, le pays s’engagera à faire naître un débat sur la manière de concrétiser cette réduction progressive.

Contributions déterminées au niveau national. Par ailleurs, ce 21 novembre, plusieurs pays ont réaffirmé leur engagement à respecter les objectifs de l'Accord de Paris, en soumettant des contributions déterminées au niveau national (CDN) qu'ils souhaitent alignées sur une trajectoire de 1,5°C.

Alors que le Royaume-Uni, les Émirats arabes unis et le Brésil ont déjà présenté des objectifs de réduction pour 2035, l’Union européenne, le Canada, le Chili, la Géorgie, le Mexique, la Norvège et la Suisse ont réaffirmé, selon un communiqué de la Commission européenne, leur engagement à aligner leurs prochaines CDN sur les trajectoires du GIEC. (Nithya Paquiry et Pauline Denys)

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