Les huit pays signataires d’une lettre appelant la Commission européenne à imposer de nouveaux tarifs sur les importations russes et biélorusses (EUROPE 13521/4) ont essayé de rallier d’autres pays à leur cause lors du Conseil 'Commerce', jeudi 21 novembre. « L’année dernière, les échanges entre l’UE et la Russie se sont élevés à 43 milliards d’euros, donc il y a encore un commerce important et nous devons le taxer autant que possible, de manière à affaiblir l’économie russe », a estimé le ministre suédois du Commerce, Benjamin Dousa, à son arrivée à Bruxelles. La Suède est à l’origine de la proposition de soumettre davantage de produits russes et biélorusses à des droits de douane.
Selon tous les pays qui soutiennent cette initiative, la Commission européenne doit faire une proposition en ce sens rapidement. Cela peut être avant ou pendant la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, a indiqué le vice-ministre polonais pour le Développement économique, Ignacy Niemczycki.
Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a indiqué pour sa part que la Commission travaillait à une proposition sur cette possibilité de cibler davantage de produits agricoles russes et biélorusses, potentiellement les engrais.
Pour la Lituanie, également en faveur de nouveaux tarifs, les réticences de certains États membres pourraient être surmontées en ciblant dans un premier temps les produits qui font le plus consensus. Les engrais sont plus qu’évidents dans ce sens, selon le vice-ministre des Affaires étrangères lituanien, Simonas Šatūnas. « Les producteurs européens d’engrais le demandent, donc nous devons prendre des mesures », a-t-il insisté.
Plusieurs États membres réclament toutefois une analyse d'impact avant de prendre position sur de nouveaux tarifs. C'est notamment le cas de l'Autriche ou encore de la Grèce. D'après Martin Kocher, ministre autrichien du Travail et de l'Économie, le prochain paquet de sanctions - qui sera proposé prochainement par la Commission européenne - serait un cadre plus adapté que la politique commerciale.
Une idée « tout à fait dangereuse », selon le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, qui considère que l'impact des tarifs sur l'économie européenne n'est pas évalué. « Nous pensons que c'est une manière de contourner la règle de l'unanimité qui régit la politique de sanctions », a-t-il affirmé. (Léa Marchal)