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Bulletin Quotidien Europe N° 13513
ACTION EXTÉRIEURE / Interview albanie

L'élargissement de l'UE est une « nécessité » pour « renforcer l'influence de l'Europe dans le monde », estime la vice-ministre Olta Manjani

Dans une interview accordée à Agence Europe lors du Forum de haut niveau sur l'élargissement, jeudi 24 octobre (EUROPE 13511/8), la vice-ministre albanaise de l'Économie, Olta Manjani, revient en détail sur le processus d'intégration de son pays dans l'Union européenne et les avancées réalisées ces derniers mois. Pour elle comme pour beaucoup de ses concitoyens, l'adhésion à l'UE serait synonyme de développement économique et social et symboliserait la nouvelle unité de l'Europe sur la scène politique internationale. Et ce malgré la lenteur des négociations et les conséquences qu'un élargissement pourrait avoir pour le fonctionnement de l'UE. (Propos recueillis par Isalia Stieffatre) 

Agence Europe : L'Albanie a récemment ouvert son premier 'cluster' de négociation (EUROPE 13504/1). Quelle symbolique cet évènement revêt-il pour le pays ?

Olta Manjani : L'Albanie a toujours été l'un des pays les plus favorables à l'Europe, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'UE. Si nous espérons toujours pouvoir adhérer à l'Union européenne, c'est parce que notre politique économique et sociale en profitera grandement. Pour nous Albanais, il est primordial de penser notre futur comme étant pleinement intégré dans l'Union. Cette ouverture est un premier pas significatif et nous espérons que cela nous permettra de stimuler le progrès et l'innovation des deux côtés, pas uniquement en Albanie. Et si l'Albanie fait partie de quelque chose de plus grand qu'elle, elle contribuera davantage à façonner les normes mondiales. 

Quel serait l'apport de l'Albanie à l'UE en cas d'adhésion ?

L'élargissement de l'UE n'est pas simplement une question d'extension des frontières ; il s'agit de stabilité, de sécurité collective et stratégique. L'expansion de l'UE est une pierre angulaire de sa stabilité. Il s'agit d'accélérer le progrès commun, de dissuader des menaces extérieures et de promouvoir la stabilité dans toutes les régions des Balkans occidentaux. L'Albanie est déjà un facteur de stabilisation important dans la région ; nous n'avons pas connu de guerre sur notre territoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous pourrons jouer un rôle crucial de stabilisateur et prendre la tête du rapprochement de la région vers l'UE, tant en termes de processus économique que politique.

L'objectif d'adhésion d'ici 2030, comme affiché par le Premier ministre, Edi Rama, est-il vraiment réalisable à ce stade ?

C'est un processus difficile et très technique, mais nous sommes confiants. L'ouverture du premier cluster ainsi que la validation de notre Plan de réforme (EUROPE 13510/19) prouvent que notre administration publique relève les défis qui lui sont imposés. Nos responsables politiques sont favorables à l'Europe, la volonté d'adhérer reste ferme, même sur le long terme. L'objectif de 2030 est atteignable. Bien sûr, pour le moment, les principales réformes concernent l'État de droit et les principes fondamentaux, la transition numérique et écologique et le secteur des entreprises. L'aide de l'UE est aussi la bienvenue pour mener à bien nos réformes.
Selon vous, la tenue de ce genre d'évènement montre-t-elle que l'UE a tiré des enseignements de l'élargissement de 2004 ?

Oui, complètement. Aujourd'hui, il faut faire en sorte que l'élargissement se déroule de façon plus fluide que le précédent, plus réfléchie, plus complète. Ces évènements permettent également d'aider en termes d'inclusion sociale et de s'assurer que nous sommes vraiment prêts. Cela nous aide vraiment dans le processus de transition. Et il est particulièrement important pour nous d'essayer d'accroître activement notre présence dans les groupes de travail et les institutions européennes, en participant à la prise de décision, même en tant qu'observateurs, pour pouvoir apporter notre contribution et notre point de vue.
Pour continuer de fonctionner correctement en cas d'un nouvel élargissement, beaucoup préconisent une réforme des traités internes de l'Union. Pensez-vous que la volonté politique est présente aujourd'hui ?
Il le faut. Il faut renforcer l'influence de l'Europe dans le monde en présentant un front uni. Nous vivons aujourd'hui un moment crucial, avec un élan général dans la région des Balkans occidentaux et un sentiment général pour l'UE. Il faut que l'UE sache profiter de ce sentiment. C'est maintenant ou jamais. Nous sommes aujourd'hui au pinacle des sentiments positifs à l'égard de l'UE, et il ne faut pas attendre 10, 20 ans de plus.

Sommaire

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