Eurogas, l’association européenne qui représente les entreprises du secteur gazier, telles que Shell ou TotalEnergies, a rejeté, lundi 28 octobre, « un accord essentiel conclu avec la Fédération européenne des services publics (EPSU) et industriAll Europe pour garantir une transition juste pour les travailleurs de l'industrie gazière », a indiqué EPSU dans un communiqué.
L'accord de ‘transition juste’ visait à développer « une réponse sectorielle aux défis posés par la transformation de l'industrie gazière au cours de la transition de l'Europe vers le zéro émission nette. La décision regrettable d'Eurogas de rejeter l'accord prive les travailleurs du gaz d'une transition juste et soulève des questions quant à leur engagement en faveur d'une transition verte et équitable », souligne EPSU, qui rappelle la « nécessité d'une action réglementaire de l'UE pour garantir un cadre pour une transformation équitable ».
« Les entreprises sont déjà en train de se restructurer et des emplois sont perdus. Cet accord était nécessaire pour fournir aux travailleurs des mesures qui les protégeraient pendant la transition. Aujourd'hui, tout espoir de protection a disparu », a commenté industriALL de son côté.
L'accord-cadre devait offrir des garanties de reconversion et de protection de l'emploi, en prévision de licenciements liés à l'abandon des combustibles fossiles. Les négociations financées par la Commission européenne ont débuté à la mi-2023 et les pourparlers ont connu cinq cycles.
Ce cadre aurait « été juridiquement contraignant et aurait constitué le premier accord à l'échelle du continent entre les travailleurs et les entreprises de combustibles fossiles, axé sur la décarbonation du système énergétique », rappelle également le Financial Times.
Lien vers le projet d'accord : https://aeur.eu/f/e22 (Solenn Paulic)