Comment assurer une transition verte véritablement inclusive qui tienne compte des inégalités de genre au sein de l’UE ? Le rapport publié le 18 octobre par l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) s'efforce de répondre à cette question en exposant 12 bonnes pratiques, qui intègrent la dimension de genre dans les politiques du ‘Pacte vert européen’.
L'étude, qui a porté sur dix États membres (l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l'Espagne, l'Estonie, l'Italie, la Lituanie, Malte et la Suède) explore comment les femmes, souvent sous-représentées dans des secteurs clés comme l’énergie, les transports et l’agriculture, peuvent davantage participer et bénéficier des possibilités créées par la transition verte.
Parmi ses recommandations, l'EIGE plaide pour des données spécifiques pour chaque genre. Par exemple, des initiatives comme celle de la Fondation Biodiversité en Espagne, avec ses 160 employés (112 femmes et 48 hommes), ont intégré ces données pour mieux suivre l'impact des projets écologiques sur les genres. La Fondation, avec un budget annuel de près de 65 millions d’euros en 2022, a également intégré des clauses sociales dans ses appels d'offres, encourageant l'égalité des sexes dans tous les projets financés.
Le rapport appelle aussi à garantir une répartition équitable des emplois créés dans le cadre de la transition verte. Parmi les bonnes pratiques identifiées, certaines initiatives visent à promouvoir l’égalité de genre dans des secteurs largement dominés par les hommes, comme le secteur ferroviaire et l’agriculture.
L'une des initiatives, en Allemagne, intitulée 'Ökothek', a permis de former plus de 1 000 femmes entre 2021 et 2024 et d'organiser 250 sessions de formation pour améliorer leur participation dans les secteurs de l’environnement et du climat.
En outre, l’EIGE enjoint aux États membres d'adopter des politiques de marchés publics sensibles au genre et à inclure des objectifs explicites d’égalité dans les contrats publics. Il soutient également la mise en œuvre de politiques environnementales intégrant des objectifs d'égalité de genre et des mécanismes de suivi clairs.
Par ailleurs, il s’agit de renforcer la représentation des femmes dans les instances décisionnelles des secteurs clés de la transition verte, qui sont souvent dominés par les hommes.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/dyw (Nithya Paquiry)