Une nouvelle demande de report de la mise en œuvre du règlement 2023/1115 sur la déforestation importée a été adressée à l’UE. Après l’Organisation mondiale du commerce (EUROPE 13417/6), le PPE (EUROPE 13441/20) et Eurocommerce (EUROPE 13461/6), c’était au tour du Conseil agricole du Sud de s’alarmer, alors que le 30 décembre, date de l’entrée en vigueur du règlement, approche à grands pas.
Les ministres de l’Agriculture des pays membres du CAS ont adressé une lettre, consultée par Agence Europe, à Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne chargé du Pacte vert pour l’Europe, le 29 juillet, dans laquelle ils reprochent à l’UE une « décision unilatérale qui ne tient pas compte de la législation nationale des pays tiers ni des réalités locales ».
L’Argentin Sergio Iraeta, président pro tempore du CAS, écrit dans la lettre, signée par les ministres de l’Agriculture du Brésil, de l’Argentine, de la Bolivie, du Chili, du Paraguay et de l’Uruguay, que les « exigences » du règlement contre la déforestation importée sont « un obstacle à l’accès au marché européen ». Sergio Iraeta dénonce le « manque de clarté qui subsiste dans le processus complexe de mise en œuvre » du texte.
Pour mémoire, le règlement prévoit d’interdire à partir de 2025 l’importation dans l’UE de produits (huile de palme, viande bovine, soja, café...) dont la production a contribué à la dégradation des forêts après décembre 2020. Dès le 30 décembre, les importateurs devront démontrer que leurs produits ne contribuent pas à la déforestation ou à la dégradation des forêts.
Lire la lettre : https://aeur.eu/f/d7t (Florent Servia)