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Bulletin Quotidien Europe N° 13426
PE2024 / Pe2024

Malgré la déroute annoncée, les Verts européens tentent de maintenir le cap et appellent à contrer l'extrême droite

Si en 2019, une vague verte avait balayé l'Union européenne, cet élan semble s'être estompé, avec des sondages montrant, depuis plusieurs mois déjà, une baisse significative du soutien pour le 'Parti vert européen'. 

Ainsi, les écologistes pourraient voir leur représentation diminuer fortement après les prochaines élections européennes. Alors qu'ils comptaient 74 députés au Parlement européen après les élections de 2019, les projections d'Europe Elect du 31 mai suggèrent qu'ils pourraient n'obtenir que 55-56 sièges sur 720 après les élections du 9 juin.

Malgré ce recul global, les estimations concernant le groupe Verts/Alliance libre européenne (ALE) voient donc une hausse de 8 sièges par rapport aux chiffres publiés en avril.

Aussi, des candidats écologistes pourraient être élus pour la première fois depuis dix ans en Europe centrale et orientale, un signe de diversification du groupe, selon une source interne au parti. 

En Allemagne, Die Grünen est crédité de 14-15% des intentions de vote, une baisse par rapport aux élections précédentes, les Verts allemands pourraient ainsi perdre une dizaine de sièges.

Au Luxembourg, où les Verts sont crédités de 15% des intentions de vote, Tilly Metz estime avoir 70% de chances d'être réélue, selon cette même source. En Espagne, là où un contingent était un peu attendu, les perspectives sont moins favorables.

En outre, aux Pays-Bas, la liste combinée des Verts et des sociaux-démocrates, GroenLinks-PvdA, a remporté jeudi 6 juin 8 sièges européens, dépassant le parti d'extrême droite PVV de Geert Wilders. Le néerlandais Bas Eickhout, tête de liste des Verts européens, a interprété cette victoire comme un signal pour toute l'Europe, affirmant dans un communiqué qu'une politique progressiste peut stopper la montée de l'extrême droite. 

Et pour cause, les Verts avaient centré leur campagne sur la lutte contre l'extrême droite, comme l’a expliqué à nos confrères d’Euractiv Sybren Kooistra, directeur de campagne des Verts. Ainsi, les Verts ont signé, le 8 mai dernier, avec les groupes S&D, Renew Europe et La Gauche, une déclaration exhortant à rejeter toute coopération avec les partis d'extrême droite (EUROPE 13422/9).

Le recul menacerait la politique climatique européenne et sa feuille de route, le 'Pacte vert'. La perte d'influence du parti inquiète ses membres, malgré des efforts pour rester optimistes et ignorer les sondages, qui ont déjà été déjoués par le passé.

Mais le contexte économique et politique actuel est très différent de celui de 2019 et 2014. Les manifestations pour le climat ont été éclipsées par des protestations d'agriculteurs, entraînant un assouplissement des réglementations environnementales. Le soutien public pour les mesures écologiques diminue. 

Et si, selon les données récentes de l'Eurobaromètre, 84% considèrent que la législation environnementale de l'UE est essentielle pour protéger l'environnement dans leur pays, les crises récentes, comme la Covid-19 et la guerre en Ukraine, ont dilué les préoccupations environnementales. La hausse des prix de l'énergie rend les Européens moins enclins à supporter les coûts de la transition verte.

En outre, l’issue du scrutin pourrait influencer la perte de présidence de plusieurs commissions au sein du Parlement européen, celles-ci se constituant en septembre. L'élection des membres du Bureau du Groupe aura lieu le 19 juin et la réunion constitutive officielle avec l'ALE est prévue pour le 26 juin. (Nithya Paquiry)

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