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Bulletin Quotidien Europe N° 13426
PE2024 / Pe2024

La composition future du groupe nationaliste 'Identité et Démocratie' au PE reste floue

Alors que les élections européennes ont déjà commencé, les signaux sont au vert pour les partis d’extrême droite européens, mais leur organisation au sein du prochain Parlement européen n'est pas claire. 

Selon le site europeelects.eu, le groupe 'Identité et Démocratie' (ID) pourrait obtenir 69 élus en prenant en compte les partis qui le composent actuellement – donc sans l’AfD -, mais il pourrait monter à 84 s'il accueille de nouveaux partis. 

Environ 80 nouveaux sièges reviendront à des partis qui siègent entre l’ECR et ID, ou leur sont affiliés, ce qui pourrait permettre à ID de grossir. Ainsi, le PVV néerlandais, qui fait partie du parti ID, mais n’avait jusqu’alors aucun élu au Parlement européen, pourrait remporter 7 sièges, selon les sondages réalisés aux sorties des urnes, jeudi 6 juin. Les partis liés à ID pourraient être en tête en France et en Autriche.

Selon un fonctionnaire proche du dossier, les négociations pour la création d’un groupe ne commenceront qu’une fois les résultats électoraux connus, en fonction du nombre de députés européens élus dans chaque parti et ainsi voir ce qui est réalisable. La réunion constitutive du groupe ID devrait se tenir le 3 juillet.

Une des questions post-scrutin porte sur la possibilité, ou non, de créer un unique groupe fusionnant les groupes conservateurs ECR et ID. Mercredi 5 juin, le chef du parti nationaliste néerlandais PVV, Geert Wilders, avait annoncé qu'il aimerait faire partie d'un groupe unique de droite au niveau européen, qui comprendrait l’ECR et ID.

Selon le fonctionnaire, un grand groupe ne se fera pas, notamment parce qu'« on a toujours besoin d’un plus méchant que soi ».

Une des dirigeantes du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a également tenté un rapprochement avec Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien et du 'Parti des conservateurs européens'. Mais un chercheur contacté par Agence Europe a estimé peu probable que le RN quitte le groupe ID pour rejoindre l’ECR de Giorgia Meloni. Un rapprochement serait, selon lui, de l’intérêt du parti français, mais pas de la dirigeante italienne.

De plus, il n’est pas clair qui, entre Mme Le Pen et Jordan Bardella, le président et tête de liste du RN, participera aux négociations pour créer un groupe.

Le retour du parti 'Alternativ für Deutschland' (AfD) – sans le principal candidat de l'AfD, Maximilian Krah – dans le groupe ID sera aussi en discussion. Le fonctionnaire proche du dossier a précisé à Agence Europe que l’objectif de l’AfD était de faire partie d’un groupe ID ou ID élargi.

Le RN, à l’initiative de l’exclusion de l’AfD, pourrait donc devoir faire des concessions. Le fonctionnaire a rappelé que, si le RN a dénoncé le programme de 'remigration' (expulsion des étrangers) du parti allemand, le parti autrichien 'Freiheitliche Partei Österreichs' (FPÖ) partage cette idée. De plus, cette semaine, la tête de liste de la Lega dans plusieurs circonscriptions italiennes, Roberto Vannacci, ancien militaire, a tenu des propos homophobes. Le Rassemblement national ne pourrait donc pas se passer de ses actuels partenaires, au risque de finir chez les non-inscrits.

« À Bruxelles, la pureté n’existe pas. Il y a toujours une nécessité de compromis. Il faut mettre de l’eau dans son vin », a expliqué ce fonctionnaire.

De plus, selon lui, le parti allemand ne souhaite pas que M. Krah siège au sein de sa délégation au PE, ni du groupe. M. Krah siégerait alors chez les non-inscrits ou intégrerait un autre groupe. Selon Politico, M. Krah voudrait créer un nouveau groupe à droite du groupe ID. Une hypothèse qui semble toutefois difficilement réalisable.

ID lorgnerait aussi sur le parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, dont les élus ont terminé le mandat précédent en siégeant en tant que non-inscrits, après avoir été expulsés du groupe PPE.

Par ailleurs, le groupe ID pourrait de nouveau faire face à un cordon sanitaire imposé par les autres partis, ce qui empêcherait à ses membres d’obtenir des postes à responsabilité au sein du Parlement. En 2019, les principaux groupes politiques du PE s’étaient mis d’accord pour empêcher les eurodéputés d’extrême droite d’obtenir des postes de présidence de commissions parlementaires.

Selon un responsable européen, si le groupe ID reste du même type, un nouveau cordon sanitaire devrait être mis en place, mais cela s'avérerait beaucoup plus difficile en cas de fusion des groupes ECR et ID. (Camille-Cerise Gessant, avec Mathieu Bion)

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