Malgré un optimisme affiché tout au long de la campagne électorale, les candidats au sein du groupe centriste-libéral Renew Europe au Parlement européen ont bien conscience des sondages, qui prédisent une perte de sièges depuis des mois, mais également des tensions en interne ravivées par la menace d’écarter le parti néerlandais VVD à la suite de son alliance avec le parti d’extrême droite PVV aux Pays-Bas.
Au lendemain des élections européennes, le 10 juin, le groupe Renew Europe devrait effectivement se prononcer sur le sort du parti néerlandais VVD du Premier ministre sortant, Mark Rutte (EUROPE 13414/18).
C’est en tout cas ce qu’avait annoncé la présidente du groupe, la Française Valérie Hayer, le 16 mai, à la suite de l’annonce de coalition aux Pays-Bas (EUROPE 13411/15). « Une ligne rouge a été franchie », avait-elle déclaré.
Cette annonce n’avait pas manqué de faire réagir plusieurs chefs de délégation, tels que le Danois Morten Løkkegaard, pour le parti Venstre, critiquant ouvertement cette décision qu’il assimile à la mainmise du parti Renaissance d’Emmanuel Macron sur la politique interne du groupe Renew Europe.
La cheffe de délégation du parti belge Open VLD, Hilde Vaultmans, se confiant à Agence Europe, a reconnu pour sa part que « les opinions politiques du PVV et de Geert Wilders sont en contradiction avec nos valeurs libérales en ce qui concerne l'État de droit, l'économie, le climat et, certainement, l'Europe ». Mais, a-t-elle ajouté, la question sera effectivement discutée le 10 juin, en tenant compte des procédures internes concernant la position des partis.
Une éviction effective du parti néerlandais VVD est, sans aucun doute, malvenue, dans un contexte de sondages défavorables par rapport au scrutin de 2019 pour le groupe Renew Europe, faisant craindre la perte de sa troisième place au PE.
Le parti VVD compte actuellement 5 eurodéputés sortants, mais devrait perdre un siège, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes aux Pays-Bas, premier pays à avoir ouvert ses bureaux de vote, le 6 juin.
Plus généralement, selon les dernières estimations d’Europe Elects, le groupe Renew Europe, en l’état, pourrait conserver sa troisième position au PE, avec 86 sièges, contre 108 en 2019, restant largement devancé par l’alliance progressiste de centre gauche des Socialistes et démocrates (S&D), avec 138 sièges, et le Parti populaire européen (PPE), qui obtiendrait 180 sièges.
Toutefois, à droite de l’échiquier politique, les groupes Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et Identité et Démocratie (ID) se rapprochent depuis des mois de cette troisième place. Les dernières estimations créditent le CRE de 75 sièges et ID de 68.
Selon les projections actuelles, la délégation française restera la plus largement représentée au sein du groupe Renew Europe, mais passerait de 23 sièges actuellement à 15, notamment au profit du Rassemblement national au sein du groupe ID, lequel compte 18 sièges actuellement et pourrait en totaliser 30 à la sortie du scrutin.
La réunion constitutive de Renew Europe avec la désignation de la présidence et du bureau est fixée au 26 juin. (Pauline Denys)