Lors de leur 6e débat sur le Proche-Orient depuis le 7 octobre, plusieurs représentants des groupes politiques ont appelé l’Union à agir pour éviter une offensive à Rafah, mardi 27 février, demandant aussi un cessez-le-feu alors que l’aide humanitaire peine à entrer dans l’enclave et qu'une centaine d'Israéliens sont toujours otages.
Des négociations internationales seraient en cours pour une trêve à l’occasion du ramadan.
« Je suis atterrée face à l’absence d’action de l’UE. Le temps nous est compté, il y a déjà eu 30 000 morts. Israël a le droit de se protéger, mais prendre des vies innocentes n’est pas de l’autodéfense », a souligné Evin Incir (S&D, suédoise). Elle a appelé à un cessez-le-feu immédiat et sans condition, ajoutant que l’UE ne pouvait pas se permettre d’être spectatrice de la situation et que le silence était « une complicité ».
Antonio López-Istúriz White (PPE, espagnol) a estimé que l’Europe devait être au centre pour faire de la médiation entre les parties.
Pour Hilde Vautmans (Renew Europe, belge), l'Europe doit faire en sorte qu’Israël respecte l'avis de la Cour internationale de justice (CIJ) pour éviter de nouvelles victimes civiles. « En tant que 'team Europe', il faut faire peser notre influence diplomatique pour que la guerre prenne fin », a-t-elle ajouté. « Écoutons la CIJ, qui nous dit qu’un génocide est envisageable, si le bain de sang ne prend pas fin et si l'offensive a lieu », a complété Jordi Solé (Verts/ALE, espagnol), qui a également appelé à un cessez-le-feu immédiat. Le commissaire à l'Aide humanitaire, Janez Lenarčič - remplaçant le Haut Représentant de l'UE, souffrant -, a précisé que l'UE s'attendait au respect par Israël des ordonnances de la CIJ ( EUROPE 13353/27).
Pour Manon Aubry (La Gauche, française), les Palestiniens meurent, car « on livre des armes, on refuse de suspendre l’accord d’association, car l’UE est incapable d’appliquer une décision de la CIJ, car des députés refusent de leur venir en aide ».
« Il y a un besoin urgent de mettre fin au combat, car cela permettrait l'arrivée massive d'aide humanitaire à Gaza », a reconnu M. Lenarčič. Selon lui, « l'UE fait tout ce qu'elle peut ». Il a rappelé le soutien humanitaire apportée par l'Union, qui a attribué plus de 100 millions d'euros depuis le 7 octobre et est en train de déployer 125 millions d'euros de financement intermédiaire pour cette année pour Gaza et la Cisjordanie. Le commissaire a rappelé que l'UE avait soutenu 40 vols avec 1 700 tonnes d'aide. M. Lenarčič a aussi rappelé que les Européens étaient en contact avec les autorités israéliennes pour plaider, entre autres, le respect du droit humanitaire international et la protection des civils.
Le débat a aussi porté sur la poursuite du soutien à l'UNRWA, qui a divisé les députés, certains dénonçant la suspension des fonds à l'agence onusienne par des donateurs, quand d'autres l'ont accusée d'être complice du Hamas et demandé qu'elle soit remplacée. (Camille-Cerise Gessant)