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Bulletin Quotidien Europe N° 13357
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Finances

Union des marchés de capitaux, la France donne le ton pour dynamiser la compétitivité européenne

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a appelé les États membres, vendredi 23 février à Gand, en Belgique, à « libérer la croissance européenne de ses chaînes » en mobilisant massivement l’épargne privée des citoyens de l’UE. Parallèlement, l'Eurogroupe en format inclusif a mis en chantier l'élaboration d'une déclaration qui détaillera les initiatives à prendre lors du prochain cycle législatif de l’UE (EUROPE 13354/16).

« Plus de 10 000 milliards d'euros dorment sur les comptes bancaires. L'argent des Européens ne doit pas dormir, il doit travailler à la croissance, il doit travailler à l'innovation, il doit travailler à la recherche, il doit travailler pour les entreprises, il doit travailler pour l'emploi », a déclaré M. Le Maire avant l’entame d’une réunion informelle des ministres européens des Finances à Gand.

Dans son « appel de Gand », M. Le Maire a proposé une supervision européenne des marchés, espérant compter sur l'implication volontaire des établissements financiers. Il a également proposé la création d'un produit d’épargne européen afin de « mieux orienter l’épargne des Européens vers le financement des entreprises européennes ». Ce produit financier « aurait comme principale caractéristique une fiscalité attractive et incitative pour des investissements de long terme », a précisé M. Le Maire.

La proposition française inclut la mise sur pied d'une garantie pour la titrisation (‘securitisation’), cette technique financière visant à reconditionner des créances en titres financiers pouvant être vendus à des investisseurs.

L'ambition du ministre français sur l'union des marchés de capitaux (UMC) a été partagée par son homologue allemand, qui déplore une concurrence internationale accrue.

« Notre handicap est que nous ne disposons pas d'un marché des capitaux aussi performant que celui des États-Unis d'Amérique, par exemple. Il est donc juste que nous fassions de nouveaux efforts en vue d'une union des marchés des capitaux », a déclaré le ministre des Finances allemand, Christian Lindner.

« Il faut mobiliser les capacités, notamment celles des petits investisseurs, et faire en sorte que nos entreprises restent sur nos marchés, nos places boursières », a estimé, de son côté, le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo.

L’UE face à la fuite de flux financiers nets. Selon la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, la délocalisation d’entreprises européennes en quête de financements ferait quitter, chaque année, 250 milliards d’euros, soit 1,8% du PIB de l’UE, vers le reste du monde, en particulier vers les États-Unis.

Vendredi midi, lors d'une conférence de presse, Mme Lagarde a estimé le coût de la dépense de défense, fixé à 2% du PIB par pays membre de l'OTAN, à 75 milliards d'euros, tandis que 800 milliards d’euros seraient nécessaires chaque année pour financer la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90% d’ici à 2040 dans l'UE.

L’ensemble des ministres ont partagé « l’urgence d’agir », a indiqué vendredi midi le Président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, à l'issue des discussions. En ce sens, l'Eurogroupe devrait détailler, lors de son prochain sommet, lundi 11 mars, ses trois priorités « ABC » sur l'UMC : 'Architecture - Business - Citizen'.

« L'UMC n'est pas 'utile'. C'est une nécessité et une urgence. Je pense que cela est ressorti très clairement de la discussion d'aujourd'hui », a déclaré de son côté le commissaire à l'Économie, Paolo Gentiloni.

Lien vers la déclaration du ministre français de l'Économie : https://aeur.eu/f/azg  (Bernard Denuit)

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