Dans une nouvelle publication, le centre de réflexion Bruegel revient sur l’adaptation de l’UE sur le plan énergétique à la suite de l’invasion de la Russie en Ukraine il y a tout juste deux ans. Si les échanges d'énergie entre l'UE et la Russie ont considérablement diminué depuis février 2022, les auteurs estiment que l'UE pourrait encore faire davantage pour réduire sa dépendance.
Au total, l’UE a réduit les importations de combustibles fossiles russes d'un maximum de 16 milliards de dollars par mois au début de 2022 à environ 1 milliard de dollars par mois à la fin de 2023. Ce sont les importations de pétrole qui ont représenté la plus grande partie de la réduction.
Un embargo de l'UE sur les importations de pétrole brut est entré en vigueur en décembre 2022, suivi en février 2023 d'un embargo sur les produits pétroliers. Les pays du G7 ont également mis en place un plafonnement mondial des prix du pétrole russe. Toutefois, la Russie a pu continuer à vendre du pétrole à des prix supérieurs au plafond, en grande partie parce que les armateurs et les assureurs du G7 (y compris de l'UE) ont été remplacés.
Concernant le gaz, l'UE a contré la baisse des importations de gaz russe en augmentant les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et en réduisant la demande.
Les auteurs de l’analyse jugent que l’UE a su faire preuve de résilience grâce à la force de son marché intérieur et l’esprit de solidarité entre États membres, mais l’attention se tourne à présent sur le problème persistant des prix élevés et les implications à long terme pour la compétitivité.
Ils considèrent également qu’une application plus rigoureuse et une action plus énergique de la part du G7 doivent être menées pour faire face aux violations du plafond des prix du pétrole.
Enfin, les auteurs concluent que l'UE devrait se détacher de sa dépendance à l'égard des produits combustibles nucléaires russes.
Pour voir l’analyse : https://aeur.eu/f/ays (Pauline Denys)