L'UE s’est félicitée, mercredi 1er novembre, de l'évacuation d'une septantaine de blessés palestiniens et de plus de 300 étrangers et binationaux, dont des Européens, par le point de passage frontalier de Rafah entre Gaza et l'Égypte le jour même.
De nouvelles évacuations devaient avoir lieu jeudi 2 novembre, alors que l’Égypte a annoncé qu’il allait aider à évacuer environ 7 000 étrangers et binationaux de la bande de Gaza (voir autre nouvelle).
Dans un communiqué, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, ont remercié Le Caire pour ses efforts, qualifiés par Mme von der Leyen d’« admirables », pour permettre ces départs. M. Borrell a également remercié les États-Unis et le Qatar pour avoir négocié cet accord humanitaire.
Les Européens ont promis qu’ils restaient pleinement mobilisés pour fournir de l’aide humanitaire à Gaza. « Nous demandons des couloirs humanitaires et des pauses pour répondre aux besoins urgents. Notre priorité est de protéger les civils et d'atténuer la situation de plus en plus désastreuse », a promis le Haut Représentant. Jeudi 2, Mme von der Leyen a annoncé que la Commission allait bientôt débloquer une nouvelle aide de 10 millions d’euros pour l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
Consternation concernant le bombardement du camp de Jabalia
Le Haut Représentant s’est également dit « consterné » par le nombre élevé de victimes à la suite du bombardement par Israël du camp de réfugiés de Jabalia, le 31 octobre. Le bombardement du camp, qui abrite, selon l’ONU, 116 000 personnes, a fait au moins 50 morts et plusieurs centaines de blessés, d'après le Hamas.
« Israël a le droit de se défendre dans le respect du droit humanitaire international et en assurant la protection de tous les civils », a rappelé M. Borrell sur X (anciennement Twitter). « Les lois de la guerre et de l'humanité doivent toujours s'appliquer, y compris lorsqu'il s'agit d'aide humanitaire », a-t-il souligné, ajoutant que la sécurité et la protection des civils étaient une obligation légale et morale.
L’UE dénonce le « terrorisme » des colons
Mardi 31 octobre dans la soirée, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a dénoncé la recrudescence de la violence des colons en Cisjordanie, la qualifiant pour la première fois de « terrorisme ».
« La recrudescence du terrorisme des colons en Cisjordanie a fait un très grand nombre de victimes civiles et forcé les communautés palestiniennes à quitter leurs maisons », a-t-il regretté. Selon le porte-parole, la situation risque d'échapper à tout contrôle et cause des souffrances indicibles aux communautés locales. « Des mesures urgentes s'imposent », a prévenu le représentant du SEAE. Deux Palestiniens et un Israélien ont été tués jeudi dans des violences, selon le ministère palestinien de la Santé et les secours israéliens.
Le porte-parole du SEAE a rappelé qu’Israël avait le devoir de protéger les civils de Cisjordanie contre la violence des colons extrémistes, de demander des comptes aux auteurs de ces actes et de veiller à ce que les forces de défense israéliennes interviennent. « Il s'agit d'une obligation légale qui doit être remplie », a-t-il insisté.
Le porte-parole a précisé que la situation en Cisjordanie s’ajoutait à une situation « déjà tragique » à Gaza, augmentant le risque d'une dangereuse escalade du conflit, « qui doit être évitée à tout prix ». (Camille-Cerise Gessant)