Dans une nouvelle étude publiée le 23 octobre, le centre de réflexion (think tank) proeuropéen Bruegel démontre que les récessions économiques, telles que celles engendrées par les pandémies ou les crises financières, se traduisent par des augmentations permanentes de l'efficacité énergétique et une baisse correspondante de l'intensité énergétique de la production, « avec un impact disproportionné sur les énergies polluantes (‘dirty’) ».
Cette étude, menée par Pragyan Deb, Davide Furceri, Jonathan D. Ostry et Nour Tawk, visait à analyser de façon empirique si les ralentissements économiques affectaient la répartition de la production d'énergie entre les sources vertes et les sources polluantes et s’ils se traduisaient par une « écologisation » (‘greening’) durable du mix énergétique.
L’analyse conclut que les récessions et crises débouchent, effectivement, sur des augmentations permanentes, bien que faibles, de l’efficacité énergétique et de la part des énergies renouvelables dans le total de l'électricité produite.
Ces effets sont toutefois plus importants lorsqu'ils sont complétés par des politiques environnementales plus strictes. Ceci peut s’inscrire dans un contexte où les récessions offrent ce que les auteurs appellent « une destruction créative », qui permet de favoriser les réformes pour une reprise plus résiliente et plus verte.
Aussi bien les mesures non fondées sur le marché (sous la forme de normes d'émission et de carburants, d'incitations et de subventions et investissements publics) que les mesures fondées sur le marché (comme les systèmes d'échange de droits d'émission de carbone, les certificats d'énergie renouvelable et les certificats d'économie d'énergie), peuvent stimuler la transition vers les énergies renouvelables.
Les taxes et les autres instruments de politique environnementale peuvent également se compléter les uns les autres, comme l’indique l’OCDE. De plus, « même si les sources d'électricité renouvelables deviennent compétitives par rapport aux coûts des combustibles fossiles et de l'énergie nucléaire et n'auront bientôt plus besoin de subventions, des politiques telles que la tarification du carbone et une politique climatique plus stricte peuvent encourager la demande d'énergies renouvelables et contribuer à la réalisation d'objectifs climatiques ambitieux », résume l’étude.
Pour la consulter : https://aeur.eu/f/9cy (Pauline Denys)