Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a fait part, le 17 août, des préoccupations de l’UE concernant la loi révisée sur la cybercriminalité adoptée par la Jordanie.
Si l’Union soutient l'objectif du pays de disposer d'un cadre législatif solide pour traiter et contrer efficacement la cybercriminalité et répondre aux nouveaux défis en matière de sécurité dans ce domaine, « certaines dispositions de la nouvelle loi s'écartent des normes internationales en matière de droits de l'homme et pourraient avoir pour effet de limiter la liberté d'expression en ligne et hors ligne », a-t-il estimé.
Selon l'ONU, la loi, notamment, « restreint et criminalise indûment les activités en ligne des individus et des organisations », pénalise le contournement des adresses IP et permet aux autorités de supprimer ou bloquer des contenus sans contrôle judiciaire approprié.
Selon le porte-parole du SEAE, la liberté d'expression et des médias et un débat ouvert, y compris en ligne, sont essentiels pour des sociétés démocratiques, prospères et stables et s'inscrivent dans le cadre du processus de modernisation politique lancé par le roi Abdallah II.
Il a ainsi invité les autorités jordaniennes à veiller au plein respect des libertés fondamentales lors de la mise en œuvre de la loi, conformément aux obligations internationales de la Jordanie. « À cet égard, il serait essentiel de consulter toutes les parties prenantes, y compris la société civile », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)