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Bulletin Quotidien Europe N° 13173
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le Copa-Cogeca demande « le déclenchement automatique de mesures de sauvegarde » s’agissant des exportations ukrainiennes

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont soutenu, mardi 2 mai, l’adoption de mesures de sauvegarde rapides pour contrer les effets négatifs dans certains pays de l’UE des importations de produits agricoles ukrainiens et ont estimé que le budget de la réserve de crise était insuffisant pour résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontés les exploitants européens.

Lors d’une conférence de presse, le président du Cogeca, Ramon Armengol, a précisé que les importations agricoles en provenance d’Ukraine ont augmenté de 88% en 2022 comparé à 2021. La hausse est importante surtout s’agissant des oléagineux et céréales (+295%) ou encore de la volaille (+81%) et des œufs (+297%). Le sujet est « très délicat », a reconnu M. Armengol, qui a souligné le besoin de soutenir les agriculteurs ukrainiens tout en tenant compte des difficultés rencontrées par les pays de l’UE limitrophes (la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie).

Le Copa-Cogeca demande « le déclenchement automatique des mesures de sauvegarde, sans recourir à une demande spéciale des États membres de l'UE », a précisé M. Armengol. Le Copa-Cogeca a cité, parmi les mesures possibles, « des contingents ou le versement d’indemnités en faveur des agriculteurs » de l’UE (EUROPE 13172/2).

Selon les agriculteurs des pays de l'UE voisins de l'Ukraine, pour transporter les céréales jusqu'aux ports (pour les acheminer vers les pays tiers comme en Afrique), cela coûte 200 euros par tonne, ce qui est plus cher que le prix des céréales sur les marchés, selon le Copa-Cogeca.

Hausse du budget de la PAC. Force est de constater que le budget de la réserve agricole de crise (450 millions d’euros par an) est insuffisant pour répondre aux différents défis.

« La réserve de crise est trop faible au regard de la multiplication des crises », a ainsi déclaré la présidente du Copa, Christiane Lambert. Elle a souhaité que des montants soient dégagés « en dehors » du budget de la politique agricole commune (PAC) pour soutenir les agriculteurs. Mme Lambert a également réclamé, s’agissant de la future PAC, une augmentation du budget de la PAC. La réserve de crise devra aussi être plus importante, selon elle.

Ramon Armengol a également évoqué les effets catastrophiques de la sécheresse en Espagne, où une baisse de la production de 50 à 80% est attendue. L’Espagne a demandé un soutien au titre de la réserve de crise pour soulager les agriculteurs du pays.

Accords commerciaux. M. Armengol s’est montré inquiet de l’accord de libre-échange négocié avec l’Australie (les secteurs sensibles sont le sucre, la viande bovine et la viande ovine, des secteurs déjà particulièrement exposés au commerce international) et de celui avec les pays du Mercosur, en voie de ratification par les pays de l’UE.

« Comment expliquer que l'UE prenne des décisions qui conduisent à une baisse de la production en Europe, tout en ouvrant ses frontières à des produits venant d'ailleurs qui ne respectent pas les mêmes règles », s'est interrogée Mme Lambert. Elle a une nouvelle fois demandé des décisions raisonnables sur la réduction des pesticides et sur le texte sur les émissions industrielles (dont l'exclusion du secteur de la viande bovine).

Enfin, le « Copa-Cogeca » a souhaité des périodes transitoires suffisantes pour aider les agriculteurs à s’adapter aux nouvelles règles de l’UE attendues sur le bien-être des animaux (EUROPE 13167/4). (Lionel Changeur)

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