Les ministres des Transports des États membres de l’UE se sont réunis, vendredi 21 octobre, à Prague, dans le cadre d’une réunion informelle consacrée au transport ferroviaire.
Crise de l'énergie oblige, une grande partie des discussions se sont concentrées sur les possibilités d’économiser de l’électricité dans le secteur du transport ferroviaire. Plusieurs pistes ont été avancées par les ministres compétents, telles que la mise en place de nouveau matériel roulant qui permettrait, selon le ministre tchèque des Transports, Martin Kupka, « d’économiser 30% d’énergie pour le transport ferroviaire de passagers ».
Par ailleurs, l’approvisionnement en électricité pourrait aussi être rationalisé, le système d’éclairage pourrait être renouvelé afin d'être moins énergivore et la consommation des locomotives pourrait être mesurée, afin d’avoir, entre autres, des données plus affinées.
Le recours à l’énergie nucléaire pour les trains a aussi été abordé et plusieurs États membres ont fait part de leurs expériences nationales, certains expliquant que plusieurs compagnies avaient décidé, au sein de l’UE, de baisser légèrement la température à l’intérieur des trains ou de les faire rouler un peu plus lentement.
Les ministres ont ensuite échangé au sujet de la révision du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et de la place du transport ferroviaire en son sein. Sur ce point, l’accent a été mis sur les chaînons ferroviaires à grande vitesse manquants, à l'instar de de la liaison entre Berlin et Amsterdam ou entre Prague et Berlin.
Améliorer l'efficacité des connexions vers l'Ukraine et la Moldavie
Outre la rapidité des trains, les ministres ont travaillé sur la question de l’efficacité des connexions, à commencer par celles entre, d’une part, l’UE, et d’autre part, la Moldavie et l’Ukraine.
« Nous étions assez largement d’accord sur le besoin de mettre en place ces connexions. On est également en train de préparer d’autres mesures en lien avec le transport, pour les céréales notamment. Il y a aussi la question du transport de réfugiés. On a fait le tour de ce qui a été fait en Europe au cours des six derniers mois, toutes ces mesures ont été couronnées de succès », a précisé le ministre tchèque chargé des transports, Martin Kupka.
En outre, toujours sur le volet de l’efficacité des connexions, les ministres des Transports ont abordé la question des installations de transbordement, ainsi que celle de l’écartement des rails. « Nous avons été, lors de nos discussions, inspirés par l’Espagne, qui a des véhicules à essieux variables », a ajouté M. Kupka.
Le train aussi attractif que l'avion
Enfin, une partie des discussions a été consacrée au fait de rendre le train aussi attractif que les autres modes de transport, comme l’aérien. Sur ce point, des échanges ont été menés sur le système de billetterie unique, qui pourrait permettre aux voyageurs d’avoir un seul billet pour traverser plusieurs pays.
Les difficultés rencontrées cet été impliquant de lourds retards ont aussi été discutées. « On voudrait plus de coordination entre les États membres, entre les gestionnaires d’infrastructures, notamment pour la maintenance transfrontalière », a ajouté M. Kupka.
De brefs échanges ont aussi eu lieu concernant les travaux en cours sur les carburants durables dans le secteur aérien ('ReFuelEU Aviation') (EUROPE 13043/11). « Si on veut prendre des mesures à long terme, on doit aussi avoir en tête l’impact à long terme. Il faudra éviter que les compagnies aériennes européennes deviennent moins compétitives que les autres », a souligné M. Kupka. (Thomas Mangin)