Les représentants du secteur de la pêche de l’UE ont une nouvelle fois exposé leurs préoccupations, jeudi 20 octobre à Bruxelles, sur les mesures fermant l’accès de 87 zones sensibles de l'Atlantique à tous les engins de fond.
La European Bottom Fishing Alliance (EBFA), qui représente plus de 20 000 pêcheurs et 7 000 navires européens, a rencontré le commissaire européen à la Pêche, Virginijus Sinkevičius.
L'EBFA a évoqué les conséquences négatives de ces mesures sur les professionnels, a mis en cause le principe de proportionnalité et la qualité juridique du règlement et a déploré l’absence de réelle consultation des parties prenantes et la non-prise en compte des meilleures données scientifiques.
« Il est particulièrement choquant que la Commission européenne refuse d'étudier les conséquences économiques et sociales d'une telle décision, qui met en péril l'avenir de la pêche de fond dans l'Atlantique et menace donc plus de 10 000 pêcheurs », signale l’EBFA.
La Commission a interdit la pêche dans une zone totale trois fois plus grande que nécessaire, selon les pêcheurs de l'UE.
Ainsi, pour 5 237 km2 d’écosystèmes marins vulnérables à protéger, l’acte délégué interdit la pêche dans 16 419 km2. « Ce manque de proportionnalité est particulièrement inquiétant », regrette l'EBFA. Elle fait valoir aussi que la pêche de fond est un élément majeur de la souveraineté alimentaire européenne (plus d'un million de tonnes de poissons pêchés chaque année, soit 25% du total des captures à l'échelle européenne).
Ivan Lopez, président de l'EBFA, a demandé à la Commission, en vain, la suspension du règlement jusqu'à ce que les nouvelles données scientifiques et l'évaluation d'impact soient disponibles, comme l’ont fait plusieurs eurodéputés lors d’un débat en plénière (EUROPE 13047/6). (Lionel Changeur)