Les ministres européens de la Recherche se sont retrouvés à Prague, vendredi 22 juillet, pour discuter des synergies possibles en matière de financement de la Recherche et de l’Innovation (R&I) en Europe et du soutien aux chercheurs ukrainiens.
Vladimír Balaš, ministre tchèque de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, avait convié la Commission européenne, représentée par Mariya Gabriel, commissaire européenne à l'Innovation, la Recherche, la Culture, l'Éducation et la Jeunesse, ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.
L’un des objectifs de la nouvelle Présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne est d’adopter la Déclaration de Prague sur les Synergies en matière de financement de la R&I ainsi que des conclusions du Conseil sur la question. Un choix salué par Mariya Gabriel. La commissaire a apprécié la chronologie choisie par la Présidence tchèque, qui a d’abord consulté les chercheurs lors d’une conférence, les 7 et 8 juillet à Prague, avant que les ministres ne soient appelés à débattre.
Les États membres ont mis en place des mesures de coopération internationales très diverses, mais, pour Vladimir Balaš, d’une manière générale, il y a des caractéristiques communes et l’idée d’utiliser de manière efficace des ressources limitées.
La commissaire Gabriel a souligné que la Commission, grâce aux synergies, souhaitait pouvoir aligner les programmes de manière stratégique pour accroître leur impact. Pour Mariya Gabriel, il ne s’agit pas de modifier la nature des programmes ni les règles de base, mais de tendre à plus de flexibilité et d’efficacité pour obtenir des résultats ayant un impact accru.
La Commissaire a également remercié la Présidence tchèque d’avoir fait état des lignes directrices publiées par la Commission visant à augmenter la flexibilité entre Horizon Europe et les fonds de cohésion.
Selon la commissaire, les synergies permettront à la politique de cohésion d’apporter un soutien estimé à 56 milliards d’euros pour la R&I jusqu’en 2027, qui s’ajoutent à 44 millions d’euros de financements dédiés à la R&I (soit 10% du budget des plans nationaux approuvés jusque’à présent) au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience.
Il faut ajouter à ces soutiens budgétaires des soutiens techniques comme l’Instrument de soutien politique (Policy support facility) et l’Instrument d’appui technique.
Les ministres ont par ailleurs discuté du soutien à apporter aux chercheurs ukrainiens en Ukraine ou à ceux qui ont été obligés de fuir la guerre ainsi que du soutien à la reconstruction du pays lorsque la guerre sera terminée. Vladimír Balaš a indiqué que les participants avaient fait le point sur l’expérience engrangée par les États membres. Il existe déjà des contacts bilatéraux et des contacts UE-Ukraine. Le ministre a également identifié un potentiel de synergies entre les initiatives de soutien.
La commissaire Gabriel a rappelé les initiatives européennes déjà mises en place : l’octroi de bourses aux chercheurs, le soutien du Conseil européen de la recherche et le paquet de 25 millions d’aide via les bourses Marie Skłodowska-Curie. La Commission entretient des contacts avec des partenaires clés comme la Fondation nationale de la recherche pour examiner et identifier les besoins des Ukrainiens et y répondre de manière adaptée.
Mariya Gabriel et Vladimír Balaš se sont accordés pour dire qu’il fallait éviter une fuite des cerveaux depuis l’Ukraine et qu’il fallait permettre aux chercheurs ukrainiens d’acquérir des capacités (formation, accès à des infrastructures de recherche…) durant le conflit afin qu’il puissent participer, une fois la guerre terminée, à la reconstruction de l’Ukraine. C’est une demande de la part des chercheurs ukrainiens, selon Vladimír Balaš, pour qui les infrastructures de recherche ukrainiennes pourraient être connectées aux infrastructures européennes.
Pour le ministre Balaš, il convient également de ne pas exclure des échanges de mobilité les chercheurs russes et biélorusses persécutés en raison de leur opposition au régime dans leur pays respectif. Cependant, pour le ministre, il faut y travailler au cas par cas et ne pas opérer de discrimination, surtout, entre ceux qui sont persécutés. (Émilie Vanderhulst)