L'Union européenne a salué, vendredi 22 juillet, les accords signés à Istanbul par l'Ukraine, la Russie, la Turquie et les Nations unies en vue de débloquer les ports de la mer Noire pour permettre les exportations ukrainiennes de céréales.
L'Ukraine et la Russie ont, en effet, trouvé des arrangements sur l'exportation des céréales ukrainiennes, prévoyant des ‘couloirs sécurisés’ pour permettre la circulation des navires marchands en mer Noire.
Dans une déclaration, le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, explique que cet accord constitue une « étape cruciale dans les efforts visant à surmonter l'insécurité alimentaire mondiale causée par l'agression de la Russie contre l'Ukraine ». Son succès dépendra de la mise en œuvre « rapide et de bonne foi de l'accord conclu », prévient-il toutefois.
Josep Borrell rappelle que la Russie détruit délibérément les infrastructures et les équipements agricoles et de transport de l'Ukraine.
L’UE félicite la Turquie pour le rôle important qu'elle a joué dans la négociation de cet accord et dans le soutien à sa mise en œuvre. Vendredi, la Turquie s'est dite prête à aider au déminage en mer Noire pour faciliter l'exportation des céréales ukrainiennes.
Un centre de coordination à Istanbul. Il sera piloté par des délégués des parties impliquées : un Ukrainien, un Russe, un Turc et un représentant de l'ONU, assistés de leurs équipes respectives.
Le centre de coordination, qui sera formé d'ici quelques jours, sera chargé d'établir le calendrier des rotations de navires en mer Noire. « Je ne peux pas vous donner de date précise. Mais au plus tard, cela sera réglé dans deux semaines et je pense que les opérations pourront commencer à ce moment », a dit vendredi le secrétaire général de l'ONU, António Guterres.
Des inspections au départ et à l'arrivée en Turquie. L'inspection des navires transportant les céréales constituait une exigence de Moscou qui voulait s'assurer qu'ils ne délivreront pas simultanément des armes à l'Ukraine.
Ces inspections n'auront pas lieu en mer comme envisagé un temps pour des raisons pratiques, mais se feront en Turquie, vraisemblablement à Istanbul, qui dispose de deux importants ports de commerce, à l'entrée du Bosphore (Haydarpasa) et sur la mer de Marmara (Ambarli).
Conduites par des représentants des quatre parties, sous l'autorité du centre de coordination, elles auront lieu au départ et à l'arrivée des navires.
Un couloir de navigation sécurisé. Russes et Ukrainiens s'engagent à respecter un couloir de navigation sécurisé à travers la mer Noire, exempt de toute activité militaire.
Les navires partiront de trois ports ukrainiens - Odessa, Pivdenny (Ioujné) et Tchornomorsk.
Quatre mois reconductibles. L'accord est signé pour 120 jours. Si 20 à 25 millions de tonnes de céréales sont actuellement stockées dans les silos des ports ukrainiens, et à raison de huit millions de tonnes évacuées par mois, cette durée de quatre mois devrait suffire à écouler les stocks, bien qu'une nouvelle récolte soit imminente.
Une contrepartie pour les céréales et engrais russes. Un accord a également été trouvé pour faciliter l'exportation des produits agricoles et engrais russes à la demande de Moscou, qui voulait les préserver des sanctions occidentales. La Russie en faisait une condition sine qua non à la signature de l'accord.
L'Ukraine et la Russie ont paraphé deux textes identiques, mais séparés, à la demande des Ukrainiens qui refusaient de signer tout document avec les Russes.
Lien vers la déclaration de M. Borrell : https://aeur.eu/f/2pz (Lionel Changeur)