En 2021, l’Europe a connu son été le plus chaud jamais enregistré, avec 1°C de plus que la moyenne pour la période de référence 1991-2020, indique un rapport publié par le Service Copernicus sur le changement climatique (C3S), l’un des six services d’information thématiques fournis par le programme Copernicus de l’Union européenne, vendredi 22 avril, à l’occasion de la 'Journée de la Terre'.
Cela est particulièrement vrai pour la région méditerranéenne qui a connu une vague de chaleur intense et prolongée en juillet-août. Des records de température ont ainsi été battus en Italie et en Espagne, souligne le rapport, culminant à 48,8°C en Sicile, un record provisoire pour l’ensemble de l’Europe.
Les températures à la surface de la mer ont également été anormalement chaudes en juin et juillet, dépassant la moyenne de plus de 5°C sur une partie de la mer Baltique.
En outre, certains pays de l’Europe occidentale et centrale ont connu des vitesses de vent annuelles parmi les plus faibles depuis au moins 1979, note le C3S.
Ces conditions exceptionnelles ont conduit à plusieurs événements climatiques extrêmes. D’intenses incendies de forêt ont ainsi brûlé plus de 800 000 hectares répartis dans plusieurs pays européens, dont la Turquie, la Grèce et l’Italie, alors que la Belgique et l’Allemagne occidentale ont été frappées par des précipitations record le 14 juillet 2021, entraînant des inondations au cours desquelles plus de 200 personnes ont perdu la vie.
Commentant les résultats du rapport, le directeur du C3S, Carlo Buontempo, a déclaré : « 2021 a été une année d’extrêmes, avec notamment l’été le plus chaud d’Europe, des vagues de chaleur en Méditerranée, des inondations et des sécheresses dues au vent en Europe occidentale ».
Pour Mauro Facchini, responsable de l’observation de la Terre à la Direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace de la Commission européenne, ce rapport « souligne l’urgence d’agir, car des événements extrêmes liés au climat se produisent déjà en Europe ».
Et d'ajouter : « Les experts scientifiques comme le GIEC ont averti que nous manquions de temps pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C ».
Sur une perspective de long terme, le rapport signale en effet une nette augmentation des températures mondiales et européennes par rapport aux niveaux préindustriels (entre 1,1 et 1,2°C pour le monde et aux alentours de 2 °C pour l’Europe).
Les sept dernières années ont ainsi été les plus chaudes jamais enregistrées.
L’année 2021 figure néanmoins parmi les plus fraîches de celles-ci, se classant à la 6e ou 7e place, en raison notamment du phénomène climatique La Niña qui a entraîné des températures moyennes à la surface de la mer plus basses que les années précédentes.
Les concentrations de gaz à effet de serre de dioxyde de carbone (CO2) et surtout de méthane (CH4), quant à elles, ont continué à augmenter en 2021, d’environ 2,3 ppm (partie par million) et 16,5 ppb (partie par milliard) respectivement, comme le montrent les données du C3S.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/1bt (Damien Genicot)