Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, a défendu, jeudi 4 novembre, l’action de son gouvernement aux frontières extérieures et assuré que les garde-côtes opéraient dans le respect des droits fondamentaux.
Il s’exprimait aux côtés du président de la commission des libertés civiles du Parlement européen, l’Espagnol Juan Fernando López Aguilar (S&D), à l'issue d'une mission parlementaire de quelques jours dans le pays.
Une mission au cours de laquelle les élus ont eu l’occasion de parler du « droit à l’asile » et de l’article 19 de la Charte des droits fondamentaux rejetant « les expulsions collectives et les refoulements », a dit l’Espagnol.
La délégation LIBE a ainsi eu l’occasion d’exprimer « ses préoccupations » alors que la Grèce fait régulièrement l’objet de révélations sur les refoulements de migrants à ses frontières.
Le ministre a indiqué qu’il avait demandé des informations supplémentaires au collectif de journalistes ayant publié, à la mi-octobre, de nouvelles images de refoulements (EUROPE 12807/4). « Ils n’ont pas souhaité le faire », a commenté le ministre, semblant mettre en doute la véracité de cette enquête.
Il a aussi estimé que la Grèce disposait déjà d’un bon mécanisme de contrôle des actions des garde-côtes alors que la Commission et Athènes se sont engagés à mettre au point un nouveau mécanisme indépendant qui conditionne actuellement le déblocage de nouveaux fonds européens.
Les deux responsables ont aussi évoqué le 'Pacte asile et migration' et souhaité qu’il fasse une réelle différence en termes de solidarité. Pour le président de LIBE, cette solidarité envers les pays du Sud de l’UE ne peut passer que par des « relocalisations » de personnes étant en droit de rester dans l’UE, mais aussi par « de nouvelles voies légales » de migration comme la réinstallation.
Le ministre grec a aussi plaidé pour ces voies légales, pour faire en sorte que ce ne soient pas « les passeurs qui décident de qui vient dans l’UE ». Par ailleurs, l’UE peut faire davantage pour renforcer la protection commune des frontières extérieures et mettre au point une vraie stratégie européenne de retours, selon lui. (Solenn Paulic)