Le commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, a mis en avant les progrès réalisés par les pays des Balkans occidentaux tout en soulignant les efforts qu’il reste à faire, lors de la présentation des rapports sur l’élargissement, mardi 19 octobre.
Les rapports concernent les quatre pays de la région candidats à l'adhésion - l'Albanie, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Serbie -, les deux candidats potentiels - la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo - et la Turquie, elle aussi candidate, mais dont les négociations sont gelées.
« Il y a du progrès partout », a expliqué le commissaire aux députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, tout en précisant que, pour les pays pour lesquels les négociations sont suspendues, cette suspension est due au fait qu'il n’y a pas eu de progrès.
Devant les médias, M. Várhelyi a estimé qu'il était « impératif de garantir la crédibilité et d'apporter un nouveau souffle au processus d'adhésion ». Et d'ajouter que, si les pays réalisaient les réformes demandées, l’UE devrait aussi tenir ses promesses. « L'Albanie et la Macédoine du Nord continuent de remplir les conditions pour ouvrir les négociations d'adhésion et les deux pays ont progressé régulièrement sur la voie des réformes de l'UE », soulignent les rapports de la Commission.
Ainsi, selon M. Várhelyi, le retard dans l’ouverture de leurs négociations d’adhésion « a un impact négatif sur la crédibilité de l’UE ». Le conflit entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord « doit être résolu de toute urgence », a-t-il précisé. Le commissaire a estimé qu’il était crucial que les États membres adoptent les cadres de négociation pour les deux pays, espérant une nouvelle fois que les premières conférences intergouvernementales pourront se tenir avant la fin de l’année.
M. Várhelyi est aussi revenu sur la nécessité de la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo alors que les tensions à la frontière sont toujours vives (EUROPE 12802/11). La Commission prévient, dans ses rapports, que les deux pays doivent faire de nouveaux efforts substantiels pour la mise en œuvre de tous les accords passés et contribuer à la conclusion d'un accord global juridiquement contraignant. « Un tel accord est urgent et crucial pour que le Kosovo et la Serbie puissent avancer sur leurs chemins européens respectifs », rappelle l’institution.
Voir la communication de la Commission : https://bit.ly/3AXkxLc
Monténégro. Selon la Commission, le pays, qui a ouvert tous ses chapitres de négociations d’adhésion à l'UE, doit en priorité remplir les critères intérimaires en termes d’État de droit, car autrement, aucun autre chapitre ne pourra être fermé. La Commission estime que les autorités doivent démontrer dans la pratique leur engagement envers le programme de réforme de l'UE du Monténégro. Le pays doit encore intensifier ses efforts pour résoudre les problèmes en suspens, notamment dans les domaines essentiels de la liberté d'expression, de la liberté des médias et de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, sans revenir sur les résultats déjà obtenus dans le cadre de la réforme judiciaire.
Voir le rapport : https://bit.ly/3lTDkmc
Serbie. Pour sa part, Belgrade doit « poursuivre, accélérer et approfondir » les réformes concernant l'indépendance du pouvoir judiciaire, la lutte contre la corruption, la liberté des médias, le traitement national des crimes de guerre et la lutte contre le crime organisé. Selon la Commission, les autorités devraient en particulier finaliser le processus de réforme constitutionnelle dans le domaine du pouvoir judiciaire d'ici la fin de l'année.
Une nouvelle fois, la Commission demande à la Serbie d’améliorer son alignement sur la politique étrangère et de sécurité de l'UE.
Les progrès de la Serbie en matière d'État de droit et de normalisation des relations avec le Kosovo sont essentiels et détermineront le rythme global des négociations d'adhésion, rappelle la Commission, qui soutient l’ouverture de nouveaux clusters de chapitres de négociations d’adhésion (EUROPE 12747/15).
Voir le rapport : https://bit.ly/3AWRt6D
Albanie. Le pays a « réalisé des réformes tangibles et durables », a expliqué M. Várhelyi, mettant en avant la réforme du système judiciaire et les structures de lutte contre la corruption et le crime organisé.
Le commissaire a en outre appelé à des progrès continus dans les poursuites des cas de corruption et de crime organisé, dans les droits des minorités et dans la liberté des médias.
Par ailleurs, selon lui, les élections législatives d'avril 2021 ont été généralement bien organisées (EUROPE 12707/20).
Voir le rapport : https://bit.ly/3vrbLUp
Macédoine du Nord. Selon M. Várhelyi, Skopje a montré sa détermination et fait des progrès constants concernant son programme de réformes lié à l’UE, y compris sur l’État de droit, la lutte contre la corruption et le crime organisé. « Le pays doit continuer sur sa lancée », a-t-il souligné.
Le commissaire a estimé que la lutte contre la corruption devait se poursuivre et que des efforts supplémentaires devaient être faits concernant la réforme de l’administration publique.
Voir le rapport : https://bit.ly/3jgesnc
Bosnie-Herzégovine. Le pays doit progresser sur les 14 priorités essentielles mises en avant par la Commission européenne, a prévenu M. Várhelyi, le rapport mettant en avant les réformes électorales et constitutionnelles, l’État de droit et la réforme du système judiciaire. « Le pays devra réaliser une masse critique de réformes avant que la Commission puisse recommander d'accorder le statut de candidat au pays », explique celle-ci dans son rapport.
Alors que l’environnement politique reste polarisé et que les dirigeants politiques continuent de se livrer à une rhétorique de division et à des querelles politiques non constructives, le commissaire a appelé à un dialogue constructif et à une volonté politique de toutes les parties.
La diminution marquée du taux d'alignement de la Bosnie-Herzégovine sur la politique étrangère et de sécurité de l'UE est un signal négatif, souligne aussi le rapport.
Voir le rapport : https://bit.ly/3phU60o
Kosovo. Selon la Commission, la mise en œuvre complète et efficace du plan d'action pour les réformes au cours de la période à venir sera essentielle. Le commissaire a estimé que la formation du nouveau gouvernement, qui bénéficie d'une nette majorité parlementaire, doit permettre de progresser sur des questions telles que la lutte contre la corruption et le crime organisé et de renforcer le développement économique.
Le pays continue aussi de remplir tous les critères de référence en matière de libéralisation des visas.
Voir le rapport : https://bit.ly/2Z1CmLU
Turquie. Si le dialogue et la coopération avec la Turquie se sont intensifiés en 2021, selon le rapport de la Commission, M. Várhelyi a rappelé que le pays ne s’était pas penché de manière crédible sur les sérieuses préoccupations de l’UE concernant l’État de droit, les droits fondamentaux et l’indépendance du système judiciaire, qui ont conduit au blocage des négociations d’adhésion. « La Turquie doit en priorité inverser cette tendance négative et s'attaquer à l'affaiblissement de l'équilibre des pouvoirs dans le système politique », prévient la Commission dans son rapport. Ankara devrait également soutenir activement les négociations sur un règlement équitable, global et viable de la question chypriote dans le cadre des Nations unies.
La Commission rappelle aussi que la Turquie est un partenaire clé de l'UE dans des domaines essentiels d'intérêt commun, tels que la migration, la lutte contre le terrorisme, l'économie, le commerce, l'énergie et les transports.
Voir le rapport : https://bit.ly/3pc4x5M (Camille-Cerise Gessant)