« Mettre fin à la Covid-19 partout dans le monde, favoriser une reprise verte et inclusive et créer des opportunités pour nos jeunes » est l'ambition qu'a affichée l'UE à la conférence du G20 sur le 'Pacte pour l'Afrique' (Compact with Africa, CwA), conviée à Berlin vendredi 27 août par la chancelière allemande sortante, Angela Merkel.
Ce partenariat du G20 pour l'Afrique avait été lancé à Hambourg en juillet 2017, sous Présidence allemande du G20, en vue de combattre la pauvreté et les migrations en stimulant les investissements privés en Afrique et la croissance durable, en particulier pour les femmes et les jeunes, en ciblant dans un premier temps sept pays - la Côte d’Ivoire, l'Éthiopie, le Ghana, le Maroc, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie (EUROPE 11826/4).
Selon son discours diffusé à la presse européenne, le président du Conseil européen, Charles Michel, a de nouveau plaidé pour l'investissement dans les infrastructures et a appelé à l'extension de l'initiative visant à octroyer aux pays africains des droits de tirage spéciaux, comme l'a demandé le président sénégalais, Macky Sall.
« Nous travaillons ensemble pour voir comment on peut créer la confiance afin que plus de partenaires encore soient mobilisés pour attribuer à nouveau les droits de tirage spéciaux en faveur de celles et ceux qui en ont le plus besoin », a rappelé M. Michel.
Selon lui, les investissements devront s'accompagner de réformes - en Europe pour « faciliter, accélérer, réduire les technocraties, réduire les bureaucraties » et en Afrique « pour garantir plus de sécurité juridique, plus d'attractivité pour les investissements, plus de stabilité ».
S'exprimant lors de la session sur les conditions-cadres pour les entreprises et les investissements, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur la nécessité de « renouer avec la croissance ».
Tout en se disant consciente de l'impact dévastateur de la crise de la Covid-19, elle a insisté sur les atouts prometteurs de l'Afrique, comme « l'intégration régionale en cours, un entrepreneuriat grandissant, une population jeune, des ressources naturelles sans limites ».
Et d'insister aussi sur l'importance des investissements privés et d'un secteur public qui crée un environnement favorable à l'investissement et aux entreprises, mais aussi de financement suffisant pour les réformes à mener.
Pour illustrer les approches guidant le partenariat présent et futur, Mme von der Leyen a cité en premier lieu la vaccination anti-Covid-19. « Il faut bien sûr davantage de partages de vaccins », a-t-elle affirmé.
Au-delà de la contribution substantielle de l'UE à COVAX, elle s'est félicitée de l'initiative conjointe visant à créer en Afrique des hubs de fabrication de vaccins à ARN messager, estimant que « c'est un exemple typique de la manière dont on peut avancer rapidement » (EUROPE 12778/8) et de l'initiative pour l'investissement dans les jeunes entreprises africaines.
Elle a aussi appelé à utiliser davantage « les nouveaux instruments financiers modernes » comme les garanties du plan d'investissement extérieur de l'UE. « Nous avons déployé 5 milliards € de garanties qui nous ont aidés à lever 54 milliards € d'investissements ». (Aminata Niang)