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Bulletin Quotidien Europe N° 12779
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Crise afghane, les États membres vont chercher l'équilibre entre obligations humanitaires et exigences de sécurité dans l'UE

Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE et des pays associés à Schengen tenteront, mardi 31 août, de combiner exigences humanitaires envers les Afghans fuyant leur pays et impératifs de sécurité aux frontières extérieures de l’UE et dans l'UE.

Le dernier projet de déclaration, daté du 30 août et discuté le même jour par les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE, continuait ainsi de placer en priorité l’aide aux pays voisins de l’Afghanistan, notamment pour accueillir les personnes fuyant le pays et demandant l’asile.

Il évoquait aussi des offres de réinstallation dans l’UE que le bloc pourra offrir à terme aux réfugiés abrités dans les pays de la région, mais ne comportait pas d'engagements d'accueil chiffrés. La réinstallation des réfugiés afghans dans l’UE est l’un des sujets sensibles de cette déclaration, un certain nombre de pays ne souhaitant pas s’engager à ce stade par des promesses chiffrées alors que ne sont pas encore constatés de grands flux migratoires. 

Le 30 août, la Commission, de son côté, a rappelé que le budget de 300 millions d’euros dont l’UE dispose sur les années 2021-2022 pour 30 000 places de réinstallation n’était pas spécifiquement pour l’Afghanistan, mais correspondait aux engagements globaux pris par l’UE pour accueillir les réfugiés abrités dans diverses régions du monde.

Le texte reste ainsi dans cette logique plutôt timide sur la question de l’asile, le Conseil ne faisant que reconnaître « la nécessité de soutenir et de fournir une protection adéquate à ceux qui en ont besoin, conformément à la législation de l'UE et à nos obligations internationales » et appeler à rapprocher les pratiques des États membres en matière d'accueil et de traitement des Afghans. Un travail qui pourrait être demandé au Bureau européen d'appui à l'asile, suggérait une source le 27 août. 

La déclaration soumise aux ministres rappelle en revanche la nécessité pour l’UE et ses agences, comme Frontex, de rester vigilantes sur les arrivées irrégulières et sur le contrôle des personnes appelées à venir dans l’UE, qui doivent faire l’objet de vérifications adéquates dans les bases de données européennes.

Si la priorité pour l’UE reste d’aider les pays de la région et les personnes sur place, les États membres veulent aussi se préparer à tous les scénarios, comme ceux d’arrivées irrégulières, à l’image des mouvements de 2015. La dernière version ne mentionne toutefois plus ces évènements de 2015, mais se réfère aux « enseignements tirés ».

« Sur la base des enseignements tirés, l'UE et ses États membres sont déterminés à agir conjointement pour empêcher que ne se reproduisent les mouvements migratoires illégaux incontrôlés à grande échelle auxquels ils ont été confrontés dans le passé, en préparant une réponse coordonnée et ordonnée. Les incitations à l'immigration clandestine doivent être évitées », souligne ainsi la dernière version vue par EUROPE.

« Des campagnes d'information ciblées doivent être lancées pour combattre les récits utilisés par les passeurs qui encouragent les gens à s'embarquer dans des voyages dangereux et illégaux vers l'Europe », ajoute le texte.

La déclaration fait aussi la part belle à la menace sécuritaire. « L'UE et ses États membres mettront tout en œuvre pour que la situation en Afghanistan n'entraîne pas de nouvelles menaces pour la sécurité de l'Europe » et de ses citoyens, stipule ce projet, qui ajoute aussi que les États membres pourront user des accords de réadmission qu’ils ont conclus avec les pays de transit par lesquels pourraient venir des Afghans.

Le texte évoque encore l'instrumentalisation de la migration, comme c'est le cas de la part de la Biélorussie. « L'UE répondra aux tentatives d'instrumentalisation de l'immigration clandestine à des fins politiques en développant de nouveaux outils ».

Lien vers le projet : https://bit.ly/2WuKG5Z

Appel de Mme Mijatović à ne pas éroder le système de protection en Europe

Dans une déclaration publiée lundi, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, appelle les 47 pays membres de l'organisation internationale – dont beaucoup ont « ont été actifs en Afghanistan ces 20 dernières années » – à accueillir les Afghans en quête de protection, conformément aux normes reconnues et établies en matière de droits de l’homme, et à ne pas y voir « une occasion d’éroder davantage le système de protection en Europe ».

« Cela ne ferait qu’exacerber la véritable crise à laquelle l’Europe est actuellement confrontée en ce qui concerne les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants : une crise des droits de l’homme », a ajouté Mme Mijatović. Les États ont la capacité d'accueillir les réfugiés « individuellement et collectivement », ajoute-t-elle.

Voir la déclaration : https://bit.ly/2XZCdrC  (Solenn Paulic avec Véronique Leblanc)

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