À l'occasion de sa réunion de rentrée, la commission de la culture et de l'éducation (CULT) du Parlement européen examinera, mardi 31 août, le projet de rapport de Tomasz Frankowski (PPE, polonais) sur la politique des sports de l’Union européenne.
Plus de dix ans après que l'UE a obtenu de mener des actions d’appui dans ce domaine, M. Frankowski, lui-même ancien footballeur professionnel, estime en effet qu'elle pourrait aller plus loin.
Il invite, en premier lieu, les institutions européennes à « redoubler d'efforts » pour « intégrer » les problématiques sportives aux différentes politiques de l'Union.
L’action de l’UE dans des domaines tels que la santé, l’emploi, l’éducation, le marché intérieur ou encore l’environnement, « doit aussi profiter au sport », insiste-t-il, réclamant une communication de la Commission européenne sur l'avenir du sport liée aux objectifs stratégiques de l'Union.
Plus de moyens. À ces requêtes s'ajoutent évidemment quelques recommandations concernant le financement du secteur - qu'il est « indispensable d'accroître », écrit Tomasz Frankowski.
Ainsi, s'il se félicite que le budget du programme Erasmus+ - dont 1,9% est consacré au sport - soit plus conséquent pour la période 2021-2027 (EUROPE 12622/27), le rapporteur note que, « compte tenu de l’importance socioéconomique du sport, toute future révision du programme devrait accorder la même considération budgétaire au sport qu’aux autres priorités, telles que la jeunesse et la culture ».
Selon une étude citée dans le rapport et réalisée en 2021 par les services du Parlement, le sport génère une valeur ajoutée de 279,7 milliards d’euros, soit 2,12% du PIB de l’Union, et il emploie environ six millions de personnes. Une incidence économique que le rapporteur souhaiterait voir mieux documentée par la Commission et les États membres.
Un secteur plus « inclusif et équitable ». S'agissant de l'avenir du secteur, Tomasz Frankowski formule en outre un certain nombre de recommandations, pour plus d'inclusivité et d'équité.
Il « exhorte », par exemple, le Conseil et la Commission à signer et à ratifier la convention adoptée en 2014 par le Conseil de l’Europe sur la manipulation de compétitions sportives.
L'eurodéputé plaide également pour que des efforts soient faits en faveur de l'inclusion des personnes handicapées, des minorités ethniques ou encore de la communauté LGBTIQ+, et il invite la Commission et les Vingt-sept à veiller à ce que la politique du sport favorise l'égalité de genre. Et ce, « en accordant une attention particulière à la couverture médiatique, aux écarts de rémunération, aux disparités en matière de récompenses et au harcèlement », précise le rapporteur. Et de prôner une plus grande diversité aux postes de direction.
On notera, enfin, la proposition, adressée à la Commission comme aux Vingt-sept, de créer un système de reconnaissance des qualifications acquises par les bénévoles, essentiels au secteur et qui devraient, estime le rapporteur, « bénéficier d’une forme officielle de validation des compétences et de l’expérience qu’ils acquièrent ».
Pour consulter le projet de rapport : https://bit.ly/3sWt1zQ (Agathe Cherki)