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Bulletin Quotidien Europe N° 12778
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les émissions liées à l’hydrogène bleu restent élevées, selon une étude

Loin d’être faibles en carbone, les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production d’hydrogène bleu sont « assez élevées », conclut une étude de Robert W. Howarth et Mark Z. Jacobson, respectivement chercheurs à l’Université de Cornell et à l’Université de Stanford, publiée le 12 août dans la revue scientifique Energy, Science and Engineering.

Alors que l’hydrogène bleu est souvent présenté comme étant faible en carbone, car couplé à des technologies de capture et de stockage du CO2 (CCS), les deux chercheurs ont examiné les émissions de gaz à effet de serre du cycle de vie de l’hydrogène bleu en tenant compte des émissions de CO2, mais aussi des fuites de méthane non brûlé.

Leur conclusion : les émissions totales d’équivalent CO2 pour l’hydrogène bleu ne sont inférieures que de 9 à 12% à celles de l’hydrogène gris, c’est-à-dire l’hydrogène produit par vaporéformage du méthane contenu dans le gaz naturel (sans technologies CCS).

Bien que les émissions de dioxyde de carbone soient plus faibles dans le cas de l’hydrogène bleu, les émissions fugitives de méthane sont plus élevées que pour l’hydrogène gris en raison de l’utilisation accrue de gaz naturel pour alimenter la capture du carbone, expliquent ainsi les deux chercheurs.

En outre, ils estiment que l’empreinte de gaz à effet de serre de ce type d’hydrogène est supérieure de plus de 20% à celle de la combustion de gaz naturel ou de charbon pour le chauffage et de quelque 60% à celle de la combustion de gazole pour le chauffage.

Pour eux, l’utilisation de l’hydrogène bleu pour lutter contre le dérèglement climatique semble ainsi « difficile à justifier ». D’autant plus que leurs résultats sont notamment fondés sur l’hypothèse « optimiste et non prouvée » selon laquelle le dioxyde de carbone capturé peut être stocké indéfiniment.

Du côté de la Commission européenne, le développement de l’hydrogène « bas carbone » – défini dans la ‘stratégie hydrogène’ comme l’hydrogène d’origine fossile avec captage du carbone et l’hydrogène produit par l’électricité, avec des émissions de gaz à effet de serre considérablement réduites sur l’ensemble du cycle de vie par rapport à la production d’hydrogène actuelle (EUROPE 12523/1) – est vu comme une étape de transition nécessaire dans l’attente d’un développement suffisant de l’hydrogène renouvelable (produit par des électrolyseurs alimentés par de l’électricité issue de sources d’énergie renouvelable).

Voir l’étude : https://bit.ly/3gWHSWj (Damien Genicot)

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