Le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé les parties en Géorgie, lundi 1er mars, à faire des efforts pour désamorcer les tensions dans le pays, proposant même son aide.
La polarisation politique est montée d’un cran avec l’arrestation du dirigeant du principal parti d’opposition, Nikanor Melia (EUROPE 12666/21). À la suite de la démission du Premier ministre, Guiorgui Gakharia (EUROPE 12661/28), Bidzina Ivanichvili a pris la suite, mais les partis de l’opposition boycottent le Parlement.
« L’UE appelle toutes les parties à intensifier leurs efforts pour désamorcer la situation, et à se réunir pour trouver un terrain d’entente », a souligné M. Michel lors d’une conférence de presse avec la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, à Tbilissi, précisant que la situation préoccupait l’UE.
Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre, M. Michel a annoncé avoir invité les partis politiques à une rencontre, le soir même, et qu’il allait proposer un cadre avec les éléments à discuter. « Le moment est venu de passer de la facilitation à la médiation et de relancer le dialogue politique », a-t-il justifié. Le Premier ministre et les différents chefs de l'opposition ont accepté l'invitation de M. Michel.
Le président du Conseil européen a aussi appelé à des actions et des discours « responsables » et au dialogue entre les partis politiques d’opposition et le gouvernement. « Le débat politique dans le cadre de la démocratie exige du leadership, du courage de toutes les parties », a-t-il ajouté, se disant persuadé que le pays disposait des atouts nécessaires pour surmonter les défis actuels et consolider la base démocratique.
M. Michel a notamment rappelé qu’une stabilité politique renforcée par une démocratie ouverte et un système judiciaire performant et indépendant était essentielle pour approfondir le partenariat entre l’UE et la Géorgie. Selon lui, la réforme électorale nécessite le ‘leadership’ de toutes les parties.
Avant de se rendre sur la ligne de démarcation administrative avec l’Ossétie du Sud, M. Michel a rappelé le soutien ferme de l’UE à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie.
Par ailleurs, le même jour, la Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé être convenue, avec la Liberty Bank, d'étendre une ligne de crédit existante pour les micro, petites et moyennes entreprises géorgiennes grâce à un montant supplémentaire de 2,5 millions d'euros dans le cadre d'une enveloppe totale de 17,5 millions d'euros. Avec cette décision, la réponse immédiate totale de la BEI à la lutte contre la Covid-19 dans le pays comprend des prêts supplémentaires de plus de 70 millions d'euros et des prêts existants dépassant 90 millions d'euros pour des mesures anti-Covid-19. (Camille-Cerise Gessant)